Les affaires DSK et Tron vont-elles profiter à Marine Le Pen ?

26/05/2011 - 15h14
Les affaires DSK et Tron vont-elles profiter à Marine Le Pen ?

 

Alors que l'affaire DSK bat toujours son plein, les deux plaintes pour harcèlement sexuel déposées contre Georges Tron sont une nouvelle aubaine pour Marine Le Pen qui poursuit en diffamation le Secrétaire d'État chargé de la Fonction publique et donne des leçons de moralité à l'UMP et au PS.

Soupçonné de harcèlement sexuel par deux anciennes salariées de la mairie de Draveil, Georges Tron a mis en cause Marine Le Pen en se défendant contre ses accusatrices : "J'observe que cela vient de Me Gilbert Collard, qui est proche de Marine Le Pen, avec laquelle je suis en conflit depuis des mois." Cette dernière n'a pas tardé à contre-attaquer sur l'antenne de RFI :

 

"On est dans quel pays, on est dans quelle démocratie ! Partout les accusations de M. Tron ont été diffusées comme quoi je serais moi à l'origine d'un complot. J'aurai quoi ? Payer ces jeunes femmes ? Je l'ai échappé belle dans l'affaire DSK vous me direz, parce qu'on aurait pu aussi, après tout, venir chercher ma responsabilité."

 

Ce climat parait idéal pour la candidature de la madone du FN, qui peut se poser en modèle de moralité face aux scandales qui éclaboussent l'UMP et le PS : "Il est temps que les Français soient plus exigeants, non seulement sur le niveau de morale et d'éthique de leur personnel politique, mais également sur le fonctionnement de leur justice", a-t-elle poursuivi sur RFI.

 

Sans oublier la candidature de Christine Lagarde à la tête du FMI qui lui permet de dénoncer une fois de plus le "pacte qui unie l'UMP et le PS". "J'ai fait nommer Strauss-Kahn donc soutenez la candidature de Mme Lagarde".

 

Pourtant, les derniers sondages indiquent plutôt une baisse des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle (17-19% au premier tour contre 20-21 en avril). Comment expliquer ce paradoxe ? Pour la principale intéressée, c'est une question d'exposition.

 

"L'affaire DSK a pris de l'oxygène médiatique à d'autres candidatures", expliquait-elle au site du JDD, mercredi. "Entre le dimanche (15 mai) où je suis intervenue et le jeudi matin où RMC m'a invitée, c'était silence radio. Pas une interview, pas une invitation, rien! Le système mis en cause essaie que cela ne se voit pas".

 

Pour Frédéric Dabi de l'Ifop, la baisse s'expliquerait au contraire par le fait que les Français se reportent sur des candidats plus "consensuels" : "Les deux personnalités politiques qui ont le plus critiqué frontalement DSK sont celles qui perdent le plus, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. A court terme, leur stratégie n'a pas marché".

 

A courte terme, donc. En attendant, rien ne permet d'affirmer que le discours anti-système de Marine Le Pen ne tirera pas profit des déboires de Dominique strauss-kahn et de Tron. Affaire à suivre...

 

Par Edouard Orozco

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