
Poursuivi par quatre associations (le Mrap, la LICRA, SOS Racisme et l'UEJF) suite à cette phrase prononcée sur le plateau de l'émission Salut les Terriens : "La plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c'est comme ça, c'est un fait", Eric Zemmour a été condamné pour diffamation et discrimination raciale au terme de trois jours de procès. La procureur ayant laissé le soin au tribunal d'apprécier la peine, le chroniqueur devra attendre le 18 février pour connaitre son jugement.
Fluctuat vous propose de revivre les trois actes de ce procès hautement médiatique tel qu'il a été vécu sur Twitter.
Acte 1 : Zemmour face à ces accusateurs
Ce mardi s'ouvrait le procès d'Eric Zemmour, prévu pour durer trois jours, qui a été l'évènement du twitter français cet après-midi. Florilège.
Etonnamment, un seul média a pris le parti de live-tweeter le procès, le Nouvel Obs, qui sera donc la source principale de la twittosphère francophone désireuse de suivre et commenter les déboires judiciaires de Zemmour.
Selon le reporter du Nouvel Obs, pas moins d'une vingtaine d'avocats sont présents au tribunal. Passée une tentative de diffusion de l'émission en question avortée pour un problème de son, le journaliste du Figaro commence son show à la barre. Flu vous propose ces meilleures punchlines, ainsi que les commentaires des assoc et des twittos calés devant leur ordinateur.
D'emblée, Zemmour dégaine ses arguments face à l'accusation :
"Je me révolte contre le massacre de l'assimilationisme dont je suis le produit".
"On nous interdit d'employer certains mots, uniquement quand c'est négatif : rappelez-vous le mondial de foot glorifiant les origines".
"Vous voyez l'argument : comme je suis juif, je ne dois rien dire. C'est la logique du silence, de l'inquisition".
"Malek Boutih du parti socialiste qui visite les prisons dit exactement la même chose que moi".
"La délinquance est aussi physiologique : la plupart des délinquants sont des hommes. Je vais encore être poursuivi !"
Sur le hashtag #zemmour, les pro et les anti s'affrontent :
"Dommage de ne pas y être, au moins il n'y a pas Ruquier qui coupe la parole..."
"#Zemmour en procès. Pour une fois que ce n'est pas lui qui juge les autres ..."
"Si #Zemmour avait dit que les blancs étaient des trafiquants, il serait pas dans un #procès aujourd'hui. C'est beau la liberté de la #presse".
"C'est ds des moments comme ça que je comprends les gens accros à Qui Veut Epouser Mon Fils ? #Zemmour c'est #Giuseppe c'est ça ? "
D'autres en appelle à un même français pour ironiser sur la situation :
"enkuler de rire RT @notstephan: Le LT du procès #Zemmour par @lenouvelobs ... MER IL ET FOU !!!"
Puis, Arash Derambarsh signe un quasi point Godwin :
"Si Eric Zemmour est condamné pour ses propos, alors nous reviendrons à la chasse aux sorcières, au maccarthysme, au délit d'opinion"
Pendant ce temps, Zemmour ne s'essouffle pas :
"Moi, dans les années 70 j'étais interdit de boite de nuit, et je n'ai jamais porté plainte ! Un marocain conseiller de Fadela Amara, interdit de boite, de nuit m'a raconté que déguisé en cheikh arabe, il a pu rentrer".
Un argument que les twittos français ne manquent pas de moquer. En l'occurrence Benjaminovitch qui déterre un bon vieux dossier photo :
"#zemmour : "moi, dans les années 70 j'étais interdit de boite de nuit". voilà pourquoi : http://tinyurl.com/5r8cxsg"

Après ce cap, l'intensité du débat décline quelque peu alors que les associations se suivent à la barre. L'UEJF nous offre tout de même une dernière perle pour la route :
"Les propos de #Zemmour sont repris dans les écoles par les élèves. Ils sont repris comme ceux d'une autorité morale. Ils ont un impact".
A quoi une internaute rajoute : "Genre Zemmour avec un collant c'est Lady Gaga ?"
Acte II : la police et l'UMP à la rescousse de Zemmour
Après avoir répondu à ces accusateurs mardi, Eric Zemmour a laissé ses défenseurs prendre la parole pour ce second du jour du procès qui fait vibrer la médiaticosphère.
Au menu : son collège d'On n'est pas couché Eric Naulleau, Robert Ménard (ex-RSF), le préfet Pierre Monzani, une commissaire de police à la retraite (Lucienne Brui-Trong), un élu UMP (Claude Goasguen), un ancien conseiller de Rama Yade (Patrice Champion), l'écrivain Denis Tillinac et un criminologue.
Sans Zemmour à la barre, cet acte II n'aura pas été au niveau du premier jour du procès, en témoigne la baisse du rythme de tweets du reporter du Nouvel Obs. Heureusement, @Tefyandria de Marianne2.fr et les twittos ont compensé.
C'est Louis Schweitzer, cité par SOS Racisme et la LICRA qui ouvre le bal, et se prend directement les pieds dans le tapis :
"La discrimination est un délit puni par le code pėnal (...) On n'a pas de droit de réserver des emplois aux hommes par exemple"
"Et les prêtres ?", lui rétorque un avocat d'Eric Zemmour. "On pourrait tenter un procès", avance l'ancien président de la Halde. Aïe.
Vient ensuite Eric Naulleau : "Je n'ai jamais entendu de propos racistes de la part de #Zemmour"
"Veut-il dire par là qu'il va bientôt faire de la pub pour Audika ?", raille un twittos.
Naulleau poursuit : "Le débat devrait avoir lieu dans un colloque et pas au tribunal". Commentaire d' Emile Josselin, responsable des contenus web du PS : "Y'a le congrès du FN ce w e, feel free".
Mais le plus méchant, c'est encore Claude Askolovitch : "Naulleau, l'idiot utile de #Zemmour"
Au suivant. Robert Ménard énerve lui aussi le Twitter français : "les propos de #Zemmour sur Canal + ne m'ont pas choqué car je pense qu'il a raison sur le fond".
"Le point #Menard va-t-il être atteint? Va-t-il réussir à dire "peine de mort" dans son témoignage ?", se demande un twittos.
Un à un, les défenseurs se succèdent à la barre. Et enchaîne les boulettes ou réponses culottées.
Pierre Monzani, préfet, nie que la police pratique des contrôles au faciès, selon le Twitter du Nouvel Obs : "un policier qui contrôle 17 fois la même personne fait mal son métier"
"Votre amitié pour#Zemmour vous mène loin", répond un avocat des parties civiles.
Lucienne Brui-Trong, commissaire de police à la retraite, "trouve les propos de #Zemmour très stimulants", puis reproche à SOS Racisme de "conforter les jeunes des quartiers dans le rejet de la police". Faute d'arriver à se justifier, elle reconnait que "la phrase est brutale".
Claude Goasguen, maire UMP du 16e, n'est pas en reste : "J'ai toujours pensé qu'un journaliste avait davantage de libertés". Puis : "Si les Noirs et les Arabes ne sont pas des immigrés, que sont-ils ?"
"Des Français, connards !", répond un internaute agacé.
Alors que Zemmour admet "avoir commis une erreur juridique", Patrice Champion, ex-conseiller de Rama Yade, fait de l'humour après la suspension de séance : "J'étais le nègre de Rama Yade". Hilarité dans la salle, dixit le Nouvel Obs.
Le procès s'éternise, Tillinac et un criminologue enchaîne mais le Twitter français perd sa concentration. Et nous aussi...
Acte III : ennui et délibération
Le troisième et dernier jour du (trop) long procès d'Eric Zemmour a débouché sur la condamnation du polémiste
"Vu les contrôles de sécu, je sais pas si j'assiste au procès #Zemmour ou si j'embarque pour Tel aviv", tweete Tefy Andriamanana de Marianne2.fr.
Le dénouement du procès attire la foule. Dont beaucoup de supporters de l'accusé. "Monsieur #Zemmour est une star, il a ici une claque venue l'applaudir. C'est pourquoi ses propos sont d'une extrême gravité", lâche le Mrap.
A part ça ? On a l'air de s'ennuyer ferme dans l'enceinte du tribunal, où les avocats des associations réchauffent les arguments déjà servis mardi. Du coup, Zemmour s'impatiente.
"Régulièrement, #Zemmour lève les yeux au ciel. On sent pourtant un peu de tension chez le journaliste qui se ronge les ongles", rapporte le Nouvel Obs.
"C'est plus fun les procès dans law and order", note d'ailleurs Tefy Andriamanana.
Les twittos s'emmerdent tout autant devant leur ordi. L'un d'eux s'amuse à comparer les fils de @LeNouvelObs et @Tefyandria, estimant qu'on "ne suit pas tout à fait le même procès..." sur l'un et l'autre.
Au bout de trois heures de bla bla, la procureur prend enfin la parole.
"La discrimination n'est pas un droit, c'est un délit, et c'est un procureur de la République qui vous le dit monsieur #Zemmour"
"Le délit de provocation à la discrimination est constitué"
Confirmation au réquisitoire : "La procureur demande la condamnation pour l'incitation à la discrimination et la relaxe pour l'incitation à la haine", tweete le Nouvel Obs. Ce sera au tribunal de décider de la peine.
Au grand dam des twittos qui prônent une liberté totale d'expression : "Il existe encore des sujets tabou en France, c'est malheureux. Dire la vérité = Procès médiatique".
Dehors, une manifestation pro-Zemmour s'organise, témoigne le Nouvel Obs : "Les supporteurs de l'UNI brandissent des portraits [...] où est inscrit "#Zemmour la France est avec toi"
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco
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