
"Deezer". Les rares défenseurs de la loi Création et Internet n'ont eu que ce mot à la bouche au Parlement pour la reprise des débats sur la loi Hadopi. Question, si le streaming est l'avenir de la musique en ligne pourquoi légifère-t-on encore contre le peer-to-peer ?
27. Le nombre de fois où Deezer a été prononcé hier dans l'hémicycle par la majorité.
0. Le nombre de fois où le débat s'est concentré sur la musique en streaming.
La loi Création et Internet n'étant plus à un paradoxe près, la sanction d'Hadopi ne vise pas l'écoute en streaming. Les défenseurs du projet de loi semblent même persuadés que Deezer et ses concurrents fondent l'avenir de l'offre musicale en ligne devant le peer-to-peer.
Deezer a donc besoin d'une bonne promo, car la loi ne prévoit rien contre ses concurrents illégaux. Franck Riester, le rapporteur UMP de la loi Création et Internet ne s'en cache pas : "Son PDG soutien le projet de loi, ils sont dans une situation difficile en terme de modèle économique parce qu'ils reposent sur la publicité et ils n'ont pas suffisamment de publicité pour financer la totalité des ayants droit . Il y a d'autres sites de téléchargement de streaming qui existent et qui eux ne payent pas les ayants droit, et qui font de la concurrence à Deezer".
Ah, Deezer n'est donc pas rentable ! C'est peut-être lié au fait que les majors engrangent 50% de son chiffre d'affaire (dont seulement 8% à la SACEM), comme l'explique son PDG à Eco 89 . A côté, la pub graphique ne suffit pas. Le site est donc sur le point d' insérer des publicités audio entre les titres. Comme à la radio.
On comprend mieux pourquoi Frederic Lefebvre et Christine Albanel ont Jonathan Benassaya (le PDG de Deezer) en odeur de sainteté. Ecouter Deezer, c'est à la fois lutter contre l'offre illégale et perpétuer le chiffre d'affaire des maisons de disque sur Internet. Au détriment du droit d'auteur.
N'est-ce-pas Cali qui deezait que les premiers pirates sont les maisons de disques, avant les téléchargeurs ?
Cali prend ses distances avec Hadopi