
MAJ 09H20 : Jean-Luc Hees annonce le retrait de Stéphane Guillon de l'antenne de France Inter.
Dans un entretien accordé au Monde, le patron de France Inter explique pourquoi il remercie l'humoriste controversé :
"Je ne m'appelle pas Raymond Domenech. J'ai eu de nombreuses discussions avec Stéphane Guillon à propos de ses chroniques. Si l'humour se résume à l'insulte, je ne peux le tolérer pour les autres mais également pour moi. Quel patron d'une grande entreprise accepterait de se faire insulter par un de ses salariés sans le sanctionner. (...) Je prends cette décision non pas sur une quelconque pression politique mais en m'appuyant sur des valeurs minimales d'éducation et de service public. Je considère que cette tranche d'humour est un échec. Elle a montré une grande misère intellectuelle dont je ne m'accommode pas. Il n'y aura pas de changement d'horaire ni de remplaçants. Ce qui ne fait pas rire à 7 h 55 ne me fera pas plus rire à 3heures du matin. Je sais qu'en prenant cette décision, il y a un risque. Mais j'assume !"
Comme il l'annonçait la veille, Stéphane Guillon a probablement livré ce matin sa dernière chronique sur France Inter. "Pourquoi renvoyer un humoriste qui réunit 2 millions d'auditeurs ? C'est politique", a lâché l'humoriste, suggérant que Nicolas Sarkozy avait pu téléguider son éviction.
Sur toutes les lèvres, le départ de Stéphane Guillon de la matinale d'Inter apparaît acquis. Il n'est toujours officiel. Le trublion assure n'avoir aucune info et se baser plutôt sur son intuition et son bon sens pour en déduire qu'il ne sera pas reconduit.
"Tout doit disparaitre, liquidation totale des humoristes", prévient Guillon, avant de proposer un nouveau slogan à la station : "France Inter, écoutez l'indifférence". "C'est ma dernière chronique, enfin je crois. Ici, on apprend son sort en lisant Télé Loisirs. France Inter une radio de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite."
Guillon n'est pas tendre avec le patron du groupe Radio France, Jean-Luc Hees ("les enfants battus battent à leur tour leurs enfants"), n'apporte toujours aucun soutien à Didier Porte, qui est lui "reconduit au même horaire aux Fous du Roi", déplore une "situation kafkaienne" où "personne ne sait rien" : "comment vous dire au revoir en ne connaissant pas vraiment mon sort ? Par précaution je souhaitais vous dire au revoir et merci".
Y a-t-il derrière tout cela une décision politique ? Guillon pose la question, s'attaquant un fois de plus au patron d'Inter, Philippe Val, qu'il qualifie "d'ami de Carlita". "Avant mon arrivée à France Inter, le président chutait dans les sondages. Et après mon départ, vous verrez qu'il continuera à chuter. Je n'y suis pour rien", note-t-il. "Pourquoi renvoyer un humoriste qui réunit 2 millions d'auditeurs ? (...) C'est politique alors."
Et Guillon d'évoquer la fin des travaux à Radio France prévue pour 2012 ("tout un symbole"), avant de tirer sa révérence sous les applaudissements du studio et l'encouragement de Nicolas Demorand : "à bientôt, ici ou ailleurs".
Voir la dernière chronique de Stéphane Guillon : France Inter en burqa :
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco