"Ce texte est ma dernière intervention publique à propos de Clearstream". Ainsi débute le texte que Denis Robert publie sur son blog. Alors qu'il vient d'être condamné par le tribunal de Bordeaux à verser 12 500 € pour diffamation et qu'une dizaine de procédures courent encore en France, en Belgique ou au Luxembourg, le journaliste d'investigation préfère jeter l'éponge. Ci-dessous la vidéo de son intervention :
On vous conseille aussi de lire "Je suis un criminel" paru dans le numéro 2 de XXI ( on y revient) . Denis Robert y retrace son parcours d'investigateur; de la jubilation des premières "affaires" -à la pieuvre Clearstream. Au début tout baigne : ce sont les années 1980 où les enquêtes de quelques journalistes (notamment Robert pour Libération) aboutissaient régulièrement à des procédures judiciaires - le financement du RPR, Urba... - l'appel de Genève pour la création d'un espace judiciaire européen.... Les victoires semblent s'enchaîner aussi bien que les ventes en kiosque : en 1994, Pendant les affaires, les affaires continuent est un best-seller, Denis Robert devient le chevalier blanc du journalisme français. Aux soirées endiablées succèdent pourtant des matins amers, et c'est ceux-là que décrit Robert dans cet autre texte. Quand les affaires sont trop complexes pour que les medias s'y intéressent, que les enjeux deviennent trop importants, les adversaires trop dangereux. Denis Robert commet des errreurs devient sûrement un peu paranoïaque à l'époqus Clearstream - la paranoïa pouvant être considérée ici comme le stade supérieur de la lucidité. Bien vite, les mots n'ont plus de prise, les enquêtes plus d'effets, au-delà du cirque médiatique de la semaine rien ne se passe et rien ne change. La partie peut durer mais l'issue est connue. La partie dure sept ans. "Bientôt sept ans que j'ai la gueule de bois", constate Denis Robert. Aujourd'hui il décroche. Le comité de soutien à Denis Robert
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida