
Coup de gueule de Jamel Debbouze ce mercredi sur Europe 1 : la promesse de Jacques Chirac de revaloriser les retraites des anciens combattants issus des ex-colonies n'a toujours pas été tenue. "On s'en fout des mots, on s'en fout des discours. Faites votre boulot", a pesté l'acteur qui réclame des actes.
Le 8 mai dernier, la mémoire des combattants africains ayant lutté pour la libération de la France au cours de la seconde guerre mondiale a été honorée par Nicolas Sarkozy. "Tout le temps qu'ils participeront à l'épopée de la 1è Armée, ils se battront pour la France comme s'ils se battaient pour leur mère-patrie. Ils ne seront économes ni de leur peine, ni de leur sang. La France n'oubliera jamais leur sacrifice", déclarait notamment le président de la République.
Problème, la reconnaissance financière du statut de ces sacrifiés n'est, elle, toujours pas à l'ordre du jour. En 2006, le film Indigènes de Rachid Bouchareb, qui sera diffusé pour la première fois en clair jeudi sur France 3, avait suscité une vive émotion et poussé la France à voter en 2007 une loi de finances mettant un terme à la "cristallisation" promulguée par le Général de Gaulle en 1959. Un texte qui définissait un barème de pensions en fonction de la nationalité des anciens combattants. Or, cette décristallisation est incomplète puisqu'elle ne s'applique pas à la pension civile et militaire.
"La pension civile et militaire d'un Français s'élève à environ 600 euros par mois. Elle est de 150 euros par mois pour un Sénégalais et de 80 euros par mois pour un Marocain", dénonçait récemment au JDD.fr Naïma Charaï, déléguée nationale à l'Egalité des chances au sein du Parti socialiste.
"Il reste 80.0000 combattants. Qu'est ce qu'on attend ? Que le dernier meurt pour rétablir la situation ?", s'interroge donc Jamel Debbouze, dans une interview accordée à Marc-Olivier Fogiel et diffusée mercredi sur Europe 1. Récompensé avec ses camarades par le Prix d'interprétation masculine lors du Festival de Cannes 2006, l'acteur déclare par ailleurs ne pas vouloir rencontrer Nicolas Sarkozy : "Non, parce que ça y est on a fait le boulot. On a été un formidable prétexte pour mettre ce sujet sur la table. Maintenant, il faut que la loi soit appliquée. C'est dégradant pour la France de continuer à débattre sur le sujet."
Par Edouard Orozco Follow @edouard_orozco