Affaire Woerth-Bettencourt : la majorité fait feu sur Médiapart

07/07/2010 - 11h59
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Affaire Woerth-Bettencourt : la majorité fait feu sur Médiapart

 

Changement de stratégie du côté de la majorité. Pour soutenir leur camarade du Budget Eric Woerth, les membres du gouvernement et de l'UMP tirent désormais à boulet rouge sur Mediapart, qualifié tour à tour de vulgaire "blog" qui règle des comptes (Barouin), de "site de ragots" (Morano) ou, pire, de "presse des années 30" (Estrosi) dirigée par un "trotskiste" (Lancar). Florilège.

 

MAJ : Mediapart attaque Xavier Bertrand en diffamation

 

Les attaques en règle contre Mediapart n'ont pas tardé à provoquer une réaction. Son directeur de la rédaction, Edwy Plenel, a déclaré sur France Info qu'il entendait porter plainte pour diffamation : "On devrait respecter le travail des journalistes, validé par la justice. La calomnie est de l'autre côté".

 

Dans des propos tenus au micro de RTL, mardi soir au Raincy, Xavier Bertrand avait dénoncé les "méthodes fascistes" de Mediapart. : "Parce que c'est plausible, on se permet de mettre en accusation un ministre de la République et le président de la République, ce n'est pas comme ça que fonctionne la démocratie française."

 

Christian Estrosi

 

Invité ce mercredi de France Info, le ministre de l'Industrie a manié le point Godwin pour dézinguer -; sans le citer -; le site à l'origine des révélations.

 

"Quand je vois ce fameux site qui me rappelle dans son comportement une certaine presse des années 30 (...) le responsable de ce site qui dit ‘on n'a pas de preuve mais c'est plausible' (...) Dans un populisme ambiant qui ne fait que favoriser les montées de l'extrême droite comme on l'a vu à d'autres époques de notre pays. Les Français ont une mémoire collective qui se transmet. Moi, j'ai en mémoire Clémenceau, Salengro, plus proche de nous Bérégovoy. Est-ce qu'on peut continuer à accepter ce type de pratiques où n'importe vient affirmer sans preuves n'importe quoi ?"

 

Nadine Morano

La secrétaire d'Etat à la famille y est également allée de sa saillie, toujours sans citer le nom de Mediapart, mardi soir sur France 3, mettant en cause au passage la responsabilité de l'ensemble des journalistes qui se font le relais du feuilleton Woerth/Bettencourt.

 

"Je trouve qu'aujourd'hui on a dépassé les bornes, et j‘en appelle à l'éthique des journalistes, mais de tous les journalistes. Quand je regarde votre reportage, je suis choqué quand vous dite que c'est (Mediapart) un site d'informations. Ce n'est pas un site d'informations, c'est un site de ragots, de déclarations anonymes. (...) Vous vous rendez compte qu'on est arrivé dans une nouvelle forme de journalisme, qui ne repose plus sur de l'information vérifiée, qui ne repose plus sur des témoignages qui font l'objet de preuves mais seulement de calomnies, de mensonges, de ragots."

 

François Baroin

Mardi, lors des questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale, c'est le successeur d'Eric Woerth au Budget qui avait allumé indirectement la première mèche anti-Mediapart, en critiquant l'attitude des députés de l'opposition. "Est-ce que vous rendez compte de ce que vous dites ? Est-ce que vous vous rendez compte du mal que vous faites à la démocratie que vous représentez ici ? Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes en train de tracer le sillon des extrêmes et de l'extrême droite ? (...) Comment pouvez-vous jeter l'anathème sur les uns et sur les autres, sans preuve, en additionnant les tweets, les blogs de ces gens qui règlent des comptes, des opposants politiques qui ne partagent même pas vos valeurs ?"

 

 

Benjamin Lancar

 

La palme de la déclaration la plus violente revient toutefois au président des jeunes Pop, ce qui n'est pas vraiment une surprise, auteur de ce commentaire sur Twitter :

 

"Du temps de Staline, il y avait les montages photo, en 2010, en France, il y a Mediapart, mené par... un trotskiste. CQFD."

 

 

 

 

 

Jean-Pierre Pernaut

 

Heureusement pour la majorité, le journal de 13h de TF1 prend plus de précautions quand il s'agit d'évoquer l'affaire qui secoue le gouvernement. Exemple lors de l'édition du 6 juillet :

 

"De nouvelles rumeurs concernant le ministre du Travail Eric Woerth, une nouvelle fois lancées par un site internet. Une ancienne comptable de Mme Bettencourt affirmerait avoir versé de l'argent liquide à Eric Woerth pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy".

Par Edouard Orozco

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