
Vincent Peillon a donc fait faux bond à Arlette Chabot hier soir pour A vous de juger. Le débat devait opposer Eric Besson à Marine Le Pen puis à Vincent Peillon, donc.Qui recule au dernier moment et explique ses motifs sur son blog.
Après avoir indiqué à quel point il estimait que débattre sur l'identité nationale était nocif pour la démocratie, il explique comment le dispositif choisi lui semblait pernicieux :
"Pour habiller le tout, on m'a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d'abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée. Et, comme on pouvait s'y attendre, on s'est déjà d'ailleurs copieusement servi de ma présence annoncée pour adresser une fin de non recevoir à des journalistes de France Télévision qui, pourtant avec raison, avaient demandé la déprogrammation de ce débat.
C'est bien mal me connaître, et bien mal connaître les socialistes, que de penser que je pouvais accepter de me prêter à une telle comédie et servir ainsi de caution républicaine à un débat et à des personnalités qui tournent le dos aux valeurs que partagent heureusement encore la grande majorité des Français.
Ainsi les masques tombent, la chaise est vide et la réalité apparaît dans sa crudité."
Peillon a parfaitement calculé son effet, piégé la rédaction en chef de l'émission et l'assume parfaitement.Au départ on regrette qu'aucun socialiste ne soit là pour débattre, laissant à Besson le rôle du démocrate censé, qui, en assumant des responsabilités difficiles, lutte à sa façon contre la peste brune.
En refusant le débat sur l'identité nationale, les socialistes ne risquent-ils pas de commettre la même erreur qu'avec le thème de l'insécurité au début des années 2000 ?
A regarder l'émission avancer, on se dit que finalement non : la passe d'armes entre Eric Besson et Marine Le Pen est caricaturale et inintéressante - pour reprendre des qualificatifs que le ministre de l'immigration et l'identité nationale réservera à son interlocutrice.
A vous de juger, comme dirait Chabot - notamment en regardant la vidéo ci-dessous - mais à part la réussite sur le plan de la communication pour les deux intervenants, le rendez-vous ne laissera pas de traces dans l'histoire de la confrontation fertile des idées.
Et côté communication, en laissant sa chaise vide pour montrer l'inocuité de ce débat, Peillon a lui aussi réussi un joli coup. Et va jusqu'à demander la démission la Dame de fer du journalisme politique pour s'attirer la sympathie des forçats de France 2...
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Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida