
3 titres pour les premiers et un morceau d'une face entière pour les seconds inaugurent donc cette série intitulée Twin Powers, jeu de mots dont on devine qu'il a été mûrement pensé par les auteurs/éditeurs du rafraîchissant Polème."Mein Gott ! (what you get is what you see)" de Supersoft [14-18] ouvre les hostilités avec du nerf et de la sueur, batterie épileptique, bidouillages électroniques faisant grincer une guitare aux accents clairement free-rock, le tout s'effaçant subitement pour laisser respirer au morceau silences, frottements imperceptibles, et finalement les volutes apaisantes d'un violon à la note pure. On sent que les musiciens se sont fait plaisir, c'est vivifiant, tonique, alors on se réjouit aussi.Retour aux structures plus rythmées pour le deuxième titre, "Brûle-pourpoint" (de Supersoft toujours), montée en puissance de guitares et basse stoppées net dans leur élan par les battements calmes de la batterie puis repartant de plus belle, accompagnées du violon, jusqu'à un climax anti-spectaculaire de toute beauté. On se remémore là de grands morceaux de Rroselicoeur sur Drachenhöhle, capable de pousser la logique de leur composition à l'extrême sans jamais sombrer dans la vulgarité d'un final tous potards à fond.Douceur toujours pour "Valley Del Sor", le troisième titre, et ça n'est pas peu dire, puisque la mystérieuse Miss Moon vient prêter sa voix envoûtante à une partition en 2 mouvements, très folk song 70's pendant les deux premières minutes, puis effectuant à mi-parcours un demi-tour très fin vers une orientation fleurant bon les terres méridionales de l'Europe.Trois titres totalement différents donc, en ce qui concerne la prestation de Supersoft sur ce split, nous prouvant s'il était besoin que la bande de Locar, Ganache et Flanagan en ont encore sous le pied, capable des déchaînements les plus débridés aux ballades les plus paisibles.De l'autre côté du disque enfin, c'est un morceau de Andy's car crash de plus de 13 minutes qui nous attend, formidable improvisation à base de collages, instruments joués, repiqués, sons d'ambiance, à la manière d'un Dominique Petitgand qui aurait perdu sa langue... indescriptible en fait, et qui s'expérimente en boucle jusqu'à Noël au moins.Bref, quand je vous disais que ce split était une bonne surprise, c'est que vraiment aucun point noir ne se profile à l'horizon, alors s'il vous reste une platine vinyl quelque part, n'hésitez pas une seconde et faites vous plaisir.