Tropical grindcore Chez A-Sound/PIAS, octobre 2007

22/01/2008 - 16h12
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Blitz'n'Ass, quel titre pour ce qui devrait être le disque qui vous fera le plus remuer le bas des reins en 2007 ! Et autant dire que ça va bouger puisqu'en la matière, Jahcoozi convoque ce que la planète offre de meilleur.

Venu du milieu club Berlinois, Sasha Perera, la chanteuse aux origines sri lankaise née à Londres, Robot Koch le Berlinois et l'Israélien Oren Gerlitz, mêlent les rythmes caraïbes, le ragga, la booty bass de Miami et le hip hop aux sons ronflants et pétaradants du hardcore électronique. Depuis 2002, Jahcoozi rode sa recette à base de basses énormes et moites, d'ambiance punk-funk, de saccades et de roulement de hanches. Sur ce deuxième album le trio propose un mélange plus que détonnant. On pense parfois à Modeselektor (en mieux), à ESG (version éléctro) ou à Kid 606 (en plus structuré), pas vraiment étonnant d'ailleurs puisque l'on retrouve l'Américain parmi les fans de Jahcoozi, aux côtés de personnalités aussi variées qu'Ellen Allien ou Ewan Pearson. Un trio en pleine ascension donc, qui doit tout à une musique subtilement dans l'ère du temps, à la fois brute et riche, sexy et engagée. A ce propos, la production de l'album a beau être faite maison, on y capte déjà le perfectionnisme de grands producteurs electros bénéficiant d'une large culture et d'une belle ouverture d'esprit.

Sur Robot Koch et Oren Gerlitz, pratiquent en effet de subtils (et radicaux) décalages r'n'b (on n'est pas à Pop Star ici !), technoïdes et noirs, en usant d'instruments sans pour autant négliger les dérapages numériques impromptus et les moments de pures transes industrielles ("Double Barrel Name"). De son côté, Sasha Perera, un improbable mélange de Grace Jones (voir la pochette rappelant le "Slave to The Rhythm" de la Jamaïcaine) et de Nina Hagen période African Reggae, cultive une sensualité de tigresse et un sens de la syncope à vous faire tomber à la renverse. Ce qui ne l'empêche pas de s'engager aussi, en relevant discrètement le niveau du booty originel. Car, contrairement à ce que son titre laisse penser Blitz'n'Ass (en fait un clin d'oeil au classique stéreotype du "tits'n'ass"), l'album ne se contente pas d'aligner les tracks dansants au groove malsain comme "BLN", le très dubstep "Style", "Disposable" (feat. Stereoptyp) et "Gameboy", le quarté gagnant de cet album, il fait également étalage du talent de songwriting de sa chanteuse. Celle-ci défend par exemple la cause gay sur "Rainbow Colored Rizzla" ou dénonce la dictature d'une certaine image de la "plastique" féminine sur "Collagen". Le groupe excelle également dans la composition de morceaux baroques et insolites comme le provocateur "Getyoshitout", une track non dénuée de mélancolique, le mélodique et sombre "Your hand in your pocket", l'imparable "Chill Jill" ou l'inquiétant "Takin' Your Street".

 

 

 

 

 

 

 

Par Théophile Pillault
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