
La maison Rhino est à la manoeuvre sur cette opération et dans le registre qu'elle connaît le mieux : l'édification des légendes et la mise en mausolée des grands groupes séparés. Morrissey aurait fourni le titre (The Sound of The Smiths, où diable va-t-il chercher tout ça?), son compadre, guitariste et néanmoins ami Johnny Marr, nouveau membre des Cribs, aurait, quant à lui, supervisé la setlist et coordonné la mastérisation de la compilation. Et pour quel résultat ? Une compilation disponible en un ou deux CD, au choix et selon les ressources, disponible à partir du 3 novembre 2008 et qui tient lieu, en attendant mieux, de coffret tant attendu d'un groupe essentiel et qui, jusqu'ici, n'a pas été gâté par les mises en boîte.
The Sound of The Smiths succède, en effet, avec l'aval des deux têtes pensantes du groupe mancunien à une série de trois ou quatre compilations de singles et autres non-singles, aux pochettes douteuses et à l'esthétique "à la façon de", condamnées pour n'être que des opérations marketing par les deux compositeurs divorcés. Cette fois-ci donc, ce sont Morrissey et Marr qui s'y collent pour un résultat finalement pas si différent de ce qu'on avait vu jusqu'ici mais sans aucune fausse note (Oscillate Wildly ?). Le premier CD est sans réelle surprise une reprise des singles du groupe, depuis l'inaugural This Charming Man jusqu'au conclusif et superbe Last Night I Dreamt That Somebody Loved Me, soit une revue de quatre années de succès et de compositions qui ont bouleversé la vie des adolescents et jeunes adultes entre 1983 et 1986. Les curiosités apparaissent sur le CD 2 mais ne révolutionneront pas la grande Eglise Morrisséenne pour être connus d'à peu près tout le monde. On trouve ainsi quelques raretés issues des Troy Tate Sessions (le premier album, rappelons le, avait été enregistré une première fois avec un producteur, remplacé par la suite, et dont le travail, au fil des années, a été réévalué par les fans au point de constituer une version plus légitime que celle sortie dans le commerce), quelques titres live plus ou moins rares (London, la reprise What's the world) et des titres un peu moins connus, Jeane bien sûr mais aussi le joli I Keep Mine Hidden, ou l'instrumental Money Changes Everything.
Au final, cette compilation s'annonce précieuse mais pas décisive, un bon moyen sûrement de rendre hommage au dynamic duo le plus important depuis les Beatles, de le découvrir et/ou le chérir un peu plus, en attendant un VRAI VRAI coffret de raretés.
Ci-dessous la tracklist complète des 2 disques :