
A l’écoute de "Sergen", beau titre d’électro post-punk qui doit autant aux dérives de la musique industrielle des 80’s qu’à l’actuelle obsession pour les B.O. fictives de films survival-gore ou giallos ritals des 70’s, on se demande comment les deux Lyonnais qui se cachent derrière le pseudo claquant de Spitzer ont pu remixer le "In My Arms" de Kylie Minogue en 2008 ! A croire que l’Australienne n’a pas d’aussi mauvais goûts musicaux finalement…
Spitzer, en (très) gros, c’est l’histoire de deux frangins fans de musiques électriques et habités d’un bel esprit, qui décident un jour de passer la barre de l’an 2000 en adoptant quelques computers dans le but de faire muter leurs premières amours en machine de guerre post-punk 2.0. Un passé rock et punk qui habite encore les compositions rebelles et revêches de Spitzer, et qui s’entend clairement sur "Sergen", drôle de clip et drôle de titre, entre imagerie bucolique et décalage fantastique, entre sons râpeux et production numérique, rock en un mot et électro.
Le track est comme le clip, réalisé par Louise Hémon, une énigme. Avec sa musique de film d’horreur italien version ironique, Spitzer réussit à rendre inquiétant le banal. Où vont ces créatures menées par un leader satanique et cornu ? Qui sont ces moutons à l’air décidé ? Qu’attendent-ils ? Que nous veulent-ils ?

Le résultat, à la fois hypnotique, risqué, dansant, dérangeant, intéressant et enfin (oui, oui) original, laisse à penser que ces petits gars là feront parler d’eux dans un futur très proche. Et dire qu’il y en a encore pour attendre quelque chose de Justice…
Par Maxence GrugierFollow @MaxenceGrugier