
La route du rock aura pour nous commencé cette année comme souvent dans la boue, mais en pire. Orage, pluie torrentielle, grêle, coulée de boue, inondation... Nous étions déjà trempés et couverts de boue quand nous sommes arrivés (très tard) au fort Saint Père pour Tindersticks. Nous avions donc déjà ratés The Do, Fuck Buttons, The Dodos, War On Drugs... Manque de pot pour nous, nous sommes immédiatement frapppés par une vérité qui dérange : Stuart Staples a beau avoir une voix, un quator à cordes, des cuivres, un joli lightshow et une élégance certaine, les Tindersticks sont parfaitement ennuyeux. Ils font tout pour l'ambiance, la texture, mais oublie le reste en route.
C'est d'autant plus frustrant que par fulgurance, quelques moments excellents nous prennent au dépourvu avant d'être interrompu par le besoin maladif de Staples d'éviter la vulgarité avec le sens de la propreté d'un germophobe. On l'imagine la nuit se réveillant en sueur après avoir révé d'un rythme dansant ou d'une émotion plus forte qu'un vague spleen.

Le nouveau riche qui nous accompagne, fan de longue date du groupe, nous explique que bien sûr, le festival n'est pas fait pour eux, que la setlist n'était pas adaptée... On a beau lui glisser que même dans son luxueux boudoir, un verre de bourbon à la main, l'écoute du vinyl qu'il nous avait imposé nous avait fait bailler, il reste sourd à nos plaintes.
Par Cédric Le MerrerFollow @GoldfishFight