Primal Scream, dans le désert

12/06/2006 - 10h37
Primal Scream, dans le désert

Dans une interview étrange parue dans le journal Libération et prolongée en vidéo dans le documentaire d'Arte sur les Beautiful Losers, Bobby Gillespie, chanteur leader des Primal Scream, professait une étrange philosophie de vie à base d'exaltation des vertus familiales et de la normalité, matinée d'une pensée pincée attendue et attendrissante sur les drogues comme moyen de garder une part de folie.S'ensuivait une description surréaliste d'un Gillespie au regard suspect expliquant comment il allait chercher ses gosses à la sortie de l'école, avant de repartir (toutes les 6 semaines environ) pour quelques jours de défonce outrancière. Comme les ouvriers qu'ils auraient pu devenir, les Primal Scream en reviennent à ce qu'on appelait dans les campagnes les "neuvaines", ces jours où les pauvres se mettaient minables et rentraient la queue basse au foyer pour se faire pardonner par leur belle. Riot City Blues, le nouvel album des Primal Scream, a cette allure-là. Après le pétaradant et novateur Xtrminator et l'électropunk Evil Heat, Gillespie et sa bande rentrent au bercail rock pour se faire pardonner d'avoir poussé l'orgie sonore aussi loin. Riot City Blues est un album de rock à guitares plutôt bon et énergique. Ce qui a fait l'originalité du son des Primal Scream, c'est sa puissante section rythmique, ses riffs de guitare appliqués de manière répétitive pour évoquer le son des machines. Riot City Blues n'est pas comme on l'a lu un disque hommage au rock américain ou aux Stones mais un retour aux sources du Scream d'avant Screamadelica. Gillespie chante comme si sa vie en dépendait des contenus parfois politiques ("When the Bomb drops", excellent 4ème titre), parfois plus intimistes ("Little Death"). Ce qui fait le lien entre les titres, c'est la capacité de Gillespie à habiter ses morceaux. Tout est ici question d'attitude. On aime ou on aime pas ce genre là mais les Primal Scream se situent au coeur de l'histoire du rock de ces 25 dernières années : il y a du Sham 69 sur le country punk de "99th Floor", du Neil Young sur le mauvais "We're Gonna Boogie", et du Happy Mondays des bons jours sur "Dolls". En bref, peu de chansons extraordinaires mais un album plaisant, qui offre une palette de styles suffisamment large pour que chacun y trouve son compte. Même si on s'endort un peu sur la fin ("To Live is to Fly" notamment, qui ferme la marche), Riot City Blues est un bon exemple de ce qu'offre un grand groupe entre deux chefs d'oeuvre, soit un album au dessus de la moyenne avec plus de savoir-faire que de réelle inspiration.Sur le site du groupe, on peut voir la vidéo du single "Country Girl", bon résumé de cet album qui ne change pas la vie mais permet de l'affronter sans courber l'échine.

Vos commentaires

Toutes les rubriques
  • Cinéma
  • /
  • Société
  • /
  • Livres
  • /
  • Télé
  • /
  • Musique
  • /
  • Expos
  • /
  • Photos
  • /
  • Forum
articles les + lus
  • la télé qui vous veut du bien La feel good tv, la télé qui vous veut du bien
  • Ces choses à savoir avant un entretien d’embauche
  • BP : la faune marine mutante inquiète
  • Obiwan Kenobi arrêté par la police
  • Si Wes Anderson avait réalisé Battleship Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
  • Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse
  • Van Gogh, Dali et Picasso disséqués