Philippe Zdar vs David Guetta Au devant de la scène musicale mondiale

21/09/2011 - 14h57
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Philippe Zdar vs David Guetta
Housse de Racket, Phoenix, The Rapture, Philippe Zdar, pionnier house hexagonal à l'origine des premiers bourgeons french touch, est décidément partout en 2011. De son côté le DJ David Guetta, intronisé producteur depuis son travail avec Black Eyed Peas et Kelly Rowland, n'est pas moins omniprésent. Pourtant, ce n'est pas seulement deux individus qui s'opposent sur la scène électro cette année, mais aussi deux visions diamétralement opposées de la musique. Explication.

Une fois n'est pas coutume, après Daft Punk, Mirwais, Martin Solveig, Justice et consorts, ce sont encore des Français qui se voient propulser sur le devant de la scène électronique mondiale, s'emparant sans difficulté des titres enviés de producteurs et musiciens de l'année dans ce domaine. A l'origine de cet engouement international on trouve pourtant deux personnalités et deux ambitions très différentes. D'un côté, Philippe Zdar (décoré de l'ordre de chevalier dans l'Ordre des Arts et des Lettres en 2005), un CV long comme le bras en tant que musicien, homme de studio, musicophile et producteur. De l'autre, David Guetta, propulsé DJ et producteur incontournable par la force d'un réseau de personnalités soigneusement choisies, et une omnipotence indéniable dans le monde de la nuit. Des origines communes"Philippe Zdar, David Guetta, quel rapport ?", soupireront sans doute certains. Et pourtant, ces deux personnages ont beau venir de milieux très différents (le premier a grandi en Savoie, le second est le fils d'un restaurateur marocain né à Paris), ils n'en ont pas moins commencé quasiment sur les mêmes bases et partagé un amour immodéré pour le hip hop et la production. L'aventure pour Guetta, commence en 1991 en compagnie du promoteur du hip hop français, l'animateur de l'émission culte, H.I.P H.O.P, Sidney,

. De son côté, Zdar, également fan de hip hop de la première heure, entame sa carrière aux côtés de son compère de toujours Hubert Blanc-Francard, futur Boom Bass et frère de Mathieu (plus connu sous le pseudonyme de Sinclair !), pour les besoins d'un artiste non moins illustre du rap hexagonal : MC Solaar. Solaar avec qui il travaille en studio sur les tous premiers albums. Zdar et Guetta derrière les manettesCependant, tandis que le futur DJ des midinettes devient un party animal qui évolue dans l'univers superficiel et pailleté des boites de nuits (entre autre le Broad aux Halles ou au Rex Club pour ses soirées Unity), l'autre oeuvre dans l'ombre des studios. Pour Zdar, la concrétisation vient avec les fameuses compilations Source Lab ou Mo'Wax et l'apparition des ep {Les Tribulations Extra-sensorielles} (entre autres), paru sous le nom de la Funk Mob en 1994. Suivront l'album éponyme Cassius, David Guetta n'a encore rien produit de personnel, ou tout du moins d'officiel. Il est DJ, son homologue, lui, est déjà un producteur reconnu. Zdar crée d'ailleurs quasiment la French Touch avec d'autres membres de la scène électro française (dont Etienne de Crécy), et son album {Pansoul}, paru en 1996 sous le nom de Motorbass, devient l'un des mètres étalons du genre. Le futur producteur de la pop mondiale, entame alors une carrière de collaborations, sorties personnelles et productions dont les pics seront certainement le dernier album de Phoenix, et aujourd'hui, celui de The Rapture. Pour Guetta, la vraie reconnaissance viendra tard, et encore, son statut de producteur et musicien, est bien souvent moqué. Reste que son premier album, , qui paraît en 2002, se vend tout de même à plus de 300 000 exemplaires. Succès qui lui permet de monter sa propre soirée F*** Me I'm Famous. Puis c'est la sortie du titre {"

"} avec Chris Willis, un autre succès qui le mènera à et à la collaboration avec Will.I.Am des Black Eyed Peas, et enfin Kelly Rowland.Guetta sous les feu de la rampe, Zdar dans l'ombrePour les deux personnages, c'est un parcours que l'on ne peut que qualifier de brillant, qu'on aime ou que l'on déteste leur travaux respectifs, avec une différence importante pourtant, surtout au niveau qualitatif. D'office, et dès le début, Zdar et Guetta, sortes de faux jumeaux séparés à la naissance, usent de moyens et de supports différents pour accéder à la notoriété. Au delà des multi-récompenses de l'un et de l'autre, on le sent bien, les buts sont pourtant les mêmes, les moyens, eux diffèrent. Quand l'un se produit pour la première fois à la télé (Guetta), c'est dans la pathétique émission La Classe de France 3 présenté par Fabrice. Zdar, lui, n'offre que son travail de producteur aux feux de la rampe. Guetta épouse une reine de la nuit (ancienne serveuse aux Bains Douches), fait parler de lui dans les magazines people, Zdar est discret, mystérieux même, et ne parle que de ses amis musiciens ou de ses collaborateurs. Zdar et Guetta, c'est un peu le Château Marmont et le camping sympa de Malo-les-Bains. Les deux personnages ont beau être incontournables dans le milieu de la musique électronique, ils ne jouent pas vraiment dans la même catégorie. Par delà les différences, la reconnaissanceAu final, tout est question de goût et de public. Quand l'un est élu "homme de l'année" par le magazine Tsugi, l'autre est toujours considéré comme un clown public par ses pairs. Si Guetta irrite, il n'en est pas moins adulé par une foule de jeunes gens pour qui, ce qui se cache derrière un album, sa production, ses références, les véritables connaissances musicales que cela nécessite, ne compte aucunement. La musique de Guetta, s'écoute, invite à la fête même de manière pas très subtile, et s'oublie aussi vite. Le travail de Zdar s'apprécie, invite tout autant à la fête, mais pour un public de connaisseurs, et restera certainement plus longtemps dans l'histoire de la musique. Au delà du manichéisme d'une vision en noir et blanc, on remarquera cependant une même démarche, volontaire ou non, vers l'accession à une place au sein de la scène pop internationale actuelle. Des ombres du studio aux sunlights des clubs, chacun semble s'être attribué un genre musical et avoir choisi son camp.Philippe Zdar en 5 collaborations- La Funk Mob trois maxis avec Hubert Blanc Francard- Motorbass, Pansoul, avec Hubert Blanc Francard devenu Boombass- Cassius, , avec le même- Phoenix pour - The Rapture pour David Guetta en 5 collaborations- "On The Dancefloor" avec deux membres des Black Eyed Peas : Will.i.am et Apl.de.ap- "When Love Takes Over" avec Kelly Rowland- "Who's That Chick" avec Rihanna- "Where Them Girls At" avec Flo RidaPhilippe Zdar, les 3 morceaux incontournables- La Funk Mob - "Ravers Suck Our Sound"- Motorbass - "Ezio"- Cassius -; "Feeling For You"David Guetta, les 3 morceaux incontournables- "Love Don't Let Me Go" avec Chris Willis- "Love Is Gone" - "Where Them Girls At"

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