
Non seulement Pete Doherty est venu à la Maroquinerie vendredi soir mais en plus il a livré une prestation réussie. Comme on vous le dit
Finalement le meilleur moyen de juger du talent réel de Doherty était de le voir seul sur scène, sans la fureur des guitares, et sans risquer de le voir masquer par un jeu de scène déglingué la pauvreté artistique du set. Détendu et manifestement assez "clean", l'ancien leader des the libertines a livré un concert sans esbrouffe et pourtant diablement efficace. Avant lui, et peut-être pour rappeler au public qu'un concert acoustique peut-être une pénible expérience, un trio parisien inconnu ( à juste titre) a fait subir aux spectateurs une paire de chansons mollassonnes et sans la moindre once d'inspiration avant de quitter la scène copieusement sifflé et insulté.
Après un cover de Love (alone again or) un peu maladroit, Doherty a alterné nouvelles compos ( East of Eden) et classiques des Babyshambles ( Down in Albion) ou des Libertines (What A Waster , Don't look back into the sun...). Plutôt que de les dérouler sur le mode de la balade apaisée, Doherty s'est amusé à casser les rythmes, maltraitant à l'occasion sa guitare pour emmener des morceaux ordinairement efficaces vers des sommets de fragilité.
Mais inutile de gloser : ce qui frappe c'est la classe naturelle d'un type qui aurait bien pu reprendre "Mr Tambourine man" a capella sans qu'on songe une seconde à se foutre de sa gueule. Doherty n'est pas un grand guitariste mais joue mal comme personne, sa voix n'est pas géniale et pourtant elle touche juste, ashmatique quand elle souffle des couplets, à eux doigts de dérailler complètement quand elle braille des refrains.

Et puis il suffit de le voir allumer une clope et marcher sur scène pour comprendre qu'on a bien fait de ne pas tenter la carrière de popstar : Attitude de sale gosse attachant propre à tous les popeux nord-britanniques qui ont réussi, style à la "je m'en fous", l'allure ne se cultive pas et on saisit mieux à le voir d'où vient le culte que certains lui vouent.
Plus le concert avance, plus Doherty se détend et assure. Le concert est agréablement surréaliste. Deux danseuses moulées dans l'Union Jack ( euh non... en fait juste vêtues d'une veste aux couleurs du drapeau anglais) se lancent dans une chorégraphie improbable sous l'oeil hagard de Wollfman ( au fait qui a l'adresse du dealer de ce type ?) venu accompagner (= il était là quoi) Pete sur "Fuck forever". Ensemble ils chanteront aussi le terrible " You used to be my friends". Pete est sympa il reprend même certains morceaux qu'on lui réclame. Les groupies sont ravies, on lui jette des dessins, des cartes 12/25 ?, des adresses...
On finit par un cover. "There she goes" des the La's. Putain ce type peut tout se permettre...
Par Daniel De Almeida Follow @dandealmeida