
D'une Andrew Bird et de deux la Maroquinerie. Le premier avec son accent américain a rebaptisé l'autre "la Maroqueenerie", la seconde s'est vite remplie d'un public venu en masse pour accueillir l'enfant prodige du songwriting. Des retrouvailles musicales et amicales, où Bird a réinterprété à sa manière toute personnelle son répertoire et son dernier album Armchair Apocrypha. Oui, on parle bien de réinterprétation et non d'interprétation, tant Andrew Bird manipule et réarrange ses titres, en compagnie de son nouveau batteur tout droit sorti de l'écurie Anticon (Why?, 13&God). Quelques titres pour Martin Dosh, quelques titres pour une première partie surprenante et efficace. La rencontre entre un bidouilleur de machines électroniques et un violoniste tenait du miracle, la collaboration entre les deux, elle, est enrichissante. Dosh percute, tapote, pianote, sample et resample. Un set tout en ambiances : hypnotiques, enveloppantes, ondulantes. Son électronica séduit le public grâce à son mélange de free jazz, d'expérimentations et de rythmiques cycliques. Après le rappel de Dosh réclamé par le public, Bird prend place.

Andrew et Martin, un couple inattendu, où l'un apporte tant à la musique de l'autre. Bird, adepte de la déconstruction de ses titres a trouvé en Dosh, un démolisseur idéal. Bird défait ses compositions avec plaisir et les recoud de la corde de son violon. L'archet libéré, le sifflement malicieux et les rythmiques de Dosh transforment les compositions maîtrisées de Bird en folk songs ailées. Improvisations et beats électro assumés, mélodies démolies, ellipses... le chanteur brouille les sons et saborde à merveille les intros de ses titres...impossible de reconnaître à sa seule intro une composition de Bird en live. Seulement, la coupe est parfois trop lourde. On regrettera à jamais l'absence du violon sur "Heretics", ce violon enflammé qui fait toute la beauté de ce titre et qui n'a pas été ce soir. Mais Bird est déconcertant, de simplicité, d'humour (sur "Why", "A Nervous Tic Motion Of The Head To The Left"). Des titres de The Mysterious Production Of Eggs, d'Armchair Apocrypha, une reprise de Bob Dylan ("Oh Sister"), une soirée rien que nous deux !
Merci à Rod du site Le HibOO pour ses photos, voir toutes les autres photos du concert ici
Andrew Bird (avec Martin Dosh), 29 mars, La Maroquinerie (Paris)
Par Lovely Rita Follow @Rita_Fluctuat