Présentée par Nagui et Michel Drucker (toujours obsédé par les liens filiaux et qui sans qu'on lui demande quoi que ce soit n'a pu s'empêcher de saluer Charlotte Gainsbourg, pas nommée, et de rappeler à la chanteuse de Superbus que sa maman est Chantal Lauby), la cérémonie des Victoires de la Musique a déroulé son lot de récompenses et déceptions pendant plus de 3 heures.
Difficile cette année de repérer quoi que ce soit de valable et de trouver finalement quelqu'un ou quelqu'une à sauver dans ce défilé de mauvais goût. Seuls Philippe Katerine, cabotant son Louxor, j'adore (pompé sur The Fall, rappelons le) et l'impeccable Joey Starr et sa très belle variation sur le Métèque auront réussi à sauver l'honneur. L'événement de la soirée aura été officiellement la remise d'une Victoire d'Ho(rr)nneur à Michel Polnareff qui se trouvait à Bercy, mais qui interrompit quelques instants son spectacle pour massacrer l'un de ses titres fétiches : Love Me, Please Love Me. Le temps de confirmer la règle selon laquelle les voix vieillissent mal dans les aigus, Polnareff a laissé la place à la vraie "surprise" du soir : la prestation de Miss Dominique, ancienne finaliste de la Nouvelle Star, jadis opposée à Christophe la Tortu(r)e dont on attend l'album.
Bénabar nous sauva après ça, en interprétant (pendez le metteur en scène) DEUX fois la même chanson, une histoire de dîner chez des amis où il ne voulait pas aller. Quoi d'autre ? Ah oui, la scène slam obtint (légitimement) son lot de récompenses même si les prestations de Abd al Malik et Grand Corps Malade ne resteront pas dans les annales. Diam's au panier, Miossec expédia vite fait sa Facture d'électricité qu'il n'a visiblement pas encore payée avant qu'on ne retrouve un trio magique Katerine-San Severino-Benabar autour du maestro Vincent Delerm chargé de conclure la soirée. Le rêve quoi. Delerm ressemble de plus en plus à son père et Bénabar à une sorte de C. Jérôme trash. Katerine faisant les choeurs sur Delerm, on pensait avoir tout vu, mais non..... Parmi les autres péripéties, la Victoire en tant qu'"interprète de l'année" d'Olivia Ruiz qui dispose d'un réseau et d'une cote de popularité au plus haut, Drucker rappelant qu'elle s'était faite "renvoyer" de la Star Academy. Non, non, elle a été éliminée parce qu'elle chantait comme une cruche. Ce n'est pas sa ridicule Femme en chocolat qui peut rattraper l'affaire mais il suffit qu'elle soit nommée dans une catégorie pour que la jeune femme décroche le pompon, à l'instar d'un M qui récolte les Victoires à la pelle.
Victoire World Music pour Agnès Jaoui qui, manque de bol (pour la World Music, pour le cinéma et pour nous), aurait pu aussi bien mourir d'une crise cardiaque quand un type d'une association contre le cancer interrompit sa prestation (une chanson hispanisante chantée façon bar branché du XIème arrondissement, Olé) en entrant en courant sur la scène. Les pompiers l'emmenèrent lui faire sa fête en coulisses et Nagui parla du respect : "on a fait une spéciale Cancer la semaine dernière. Je ne suis pas allé sur la scène en criant Achetez des disques. Alors, ici, c'est pareil. C'est aussi ça le respect." On frisa la mort avec la prestation d'une Emilie Simon bouffie (trop de viandes de pingouin ?), toujours mise en avant pour ces instruments étranges, lesquels parviennent assez bien à masquer la banalité de sa musique. Son Végétal sonne comme un flan aux oeufs, un peu mou mais rattrapé par son enveloppe Caramel. On peut espérer d'ailleurs qu'elle fasse un jour un truc avec la Femme Chocolat (barbante) dont elle partage d'une certaine façon l'univers rétro-chic.
Une belle et bonne soirée donc. Pour ceux qui se demandent : mais pourquoi tu as regardé ducon ? Je n'en sais rien moi-même. N'oubliez pas néanmoins d'aller visiter le site de la Révélation Esthétique de cette année : http://www.missdominique.com/actualite.php