Le shoegaze est-il l'avenir de la techno ?

08/08/2011 - 15h48
Le shoegaze est-il l'avenir de la techno ?

James Holden, The Field, Trentemoller, Caribou, Fuck Buttons et aujourd'hui Walls, il semblerait bien que l'option prise par une partie de plus en plus importante de la scène électro soit de s'acoquiner durablement avec le shoegaze et ses vagues de sons fluctuants, qu'ils viennent de guitares remixées et samplées, ou de machines. Prise de position confirmée par la parution en septembre prochain de Coracle, second -; et d'ores-et-déjà excellent - album du duo Walls, formé d'Alessio Natalizia de Banjo Or Freakout et de Sam Willis de Allez-Allez, tous deux signés sur l'illustre label allemand, Kompakt. Constat, objectif et espoir en trois points et en musique. Un constat : le shoegaze et la techno, c'est pas nouveau !L'option fut engagée, il faut bien le dire, il y a déjà de cela des années, mais de manière officieuse (les deux "scènes" s'ignoraient alors copieusement) par le sieur Andrew Weatherall quand il remixait l'énorme machine à danser qu'était déjà le "Soon" de My Bloody Valentine. L'Anglais, qui s'était déjà illustré dans la production du de Primal Scream, transformant l'album en un flamboyant mélange d'hymne pop et de house, réussi avec "Soon", le parfait mélange : les brumes de guitares et la bassline (involontairement) hyperfunky des uns réagissant à l'électricité statique de l'autre. Le mélange s'avéra explosif au point que ce tube instantané est encore joué aujourd'hui dans les clubs du monde.My Bloody Valentine -; Soon (Andrew Weatherall remix)[mp3 player="mini" file="http://files.fluctuat.net/images/cms_flu/5/5/9/9/49955/63111.mp3"][/mp3] Un objectif : sortir du revival new wave et krautrock ? La new wave, on le voit -; et surtout l'entend -; bien, est omniprésente dans la scène électro aujourd'hui. Tout comme le krautrock. De Zombi (sans "e", les Américains) à James Pants, en passant par Detachments, Twin Shadow, Ford & Lopatin, Com Truise ou même les défunts LCD Soundsystem, tout ce que l'électro produit d'intéressant depuis 5 ans se pare d'une teinte new wave (comprendre, anglaise 80) ou des répétitions motorick du krautrock (allemand, 70). Le mariage du bruissement des machines et les vagues de son du shoegaze serait une bonne façon de sortir d'un modèle et de valeurs qui s'avèrent déjà sans issue.Ford & Lopatin - Too Much MIDI (Please Forgive Me)[mp3 player="mini" file="http://files.fluctuat.net/images/cms_flu/5/5/9/9/49955/63110.mp3"][/mp3] James Pants -; Strange Girls[mp3 player="mini" file="http://files.fluctuat.net/images/cms_flu/5/5/9/9/49955/63112.mp3"][/mp3]Un espoir : que cela n'engendre pas trop vite une cohorte de suiveurEvidemment, comme tout mouvement -; et même si celui-ci s'avère pour l'instant minoritaire, l'hybridation du son shoegaze et des trémulations de l'électro peut finir par devenir lui aussi très vite lassant. L'espoir serait donc que ses émules s'inscrivent dans une démarche créative et innovante, plutôt que dans le simple "photocopillage" pour reprendre une vieille expression, qui est malheureusement monnaie courante dans ce domaine, comme ce fut rapidement le cas au sein de la scène chillwave. Voir aussi- 5 raisons d'écouter le nouveau mix album de Damian Lazarus- notre histoire du shoegaze

Par Maxence Grugier

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