Le retour des bouchers de tradition Chez Warner, septembre 2008

15/11/2008 - 12h23
Le retour des bouchers de tradition
A l'écoute, et sans être un spécialiste du groupe, on peut dire que le nouveau Metallica sonne bien comme le return to basics annoncé. Alors que le groupe, à partir du Black Album de 1981, avait un tant soit peu changé son style : chansons plus courtes, tempo un tantinet ralenti, Death Magnetic amorce un déluge de riffs, d'excès de guitares et de basses en tout genre, en même temps qu'un retour à une violence primitive plutôt déconcertant mais formidablement efficace.

 

Le producteur Bob Rock, qui avait contenu la guerre des egos ces dernières années, a été remercié et remplacé par l'affreux Rick Rubin, lequel a flatté les instincts sauvages du groupe et encouragé le délayage. Au final, près de la moitié des titres de l'album pointent à plus de 7 minutes.Death Magnetic est un déluge, une tornade, un enchaînement de heavy jams ultrapuissants et, il faut l'avouer, un rien boursouflés. Malgré tout, l'album s'écoute - et même si on ne raffole pas du genre - avec un réel plaisir. Les titres sont aériens et la qualité des "instrumentaux" (dont une chanson qui le reste jusqu'au bout) globalement inespérée. "The End of the Line", par exemple, sur l'usure d'une star droguée, est une chanson immense, tortueuse, violente mais tenue par une structure mélodique variée et solide. Hammett et Hetfield semblent heureux de jouer ensemble et devisent de guitare à guitare comme de vrais jazzmen. "Suicide and Redemption" sonne comme une chute du nouveau Mogwai. "All Nightmare Long" fout vraiment la frousse et "The Day That Never Comes" fait une chouette demi-balade, lente comme la mort. Les textes craignent un maximum, en revanche. Metallica en fait trop dans le trip mort-pêche et tradition lorsque Hetfield surjoue "The Judas Kiss" : "Venom of a life insane / Bites into your fragile veins". On se croirait dans une chambre d'EMO aux cheveux longs. Le reste est souvent à l'avenant entre imagerie mortifère et révolte puérile, même si le tout semble tenu par un "concept" : un album hommage aux chanteurs metal morts, aux épaves du rock et princes du metal abattus par la drogue, les excès et la vie de rockeurs. Si on n'a pas cherché à tout comprendre des textes, il n'est pas certain que la prose d'Hetfield mérite de longues exégèses. Ici, ce qui compte, c'est le son et le son est bon dans son genre entre le metal metal et le plus inattendu (des cordes sur "The Unforgiven III").L'impression générale reste positive, compte tenu du parcours du groupe. Death Magnetic est, contrairement à son nom, un excellent album d'un groupe obsédé par la vie, plus électrique que magnétique. On vient chez eux pour se faire violence et on en prend plein la gueule. Et je vous remets un riff de guitare pour la route ? Un roulement de batterie dans les dents. Avec un filet de rumsteak dans la tronche en prime. Merci boucher.

 

 

 

 

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