
- Les dates de Zombie Zombie en concert
Etoile morteEcouter A Land for Renegades de Zombie Zombie, c'est effectuer un voyage vers une galaxie lointaine et désolée, une odyssée de science-fiction baignée par les pulsations synthétiques de machine à rêver antédiluviennes. Plus posé que leur prestations scéniques sauvages, l'album est un périple au coeur d'un pulsar, une étoile morte qui nous envoie son message depuis des millions d'années lumières. C'est une musique futuriste donc, mais qui se situe dans un futur déjà passé. A Land for Renegades célèbre une époque où les synthétiseurs et autres boîtes à effet étaient encore le symbole d'un avenir excitant. De ses sons tremblotants émis depuis une cavité lointaine, ne restent que l'écho, l'évocation de chants anciens, de scènes de tribalisme urbain (re)découvert par des archéologues du futur.
Carpenter rencontre "Giorgo Moroder" rec="0"Avec leur death disco paranoïaque et sombre, Zombie Zombie est également le premier groupe français à revendiquer haut et fort ses influences. "John Carpenter" rec="0" bien sûr, pour ses comptines de boite à musique sinistres, [people rec="0"]Goblin[/people], les indétrônables maîtres de la BO d'horreur italienne (le giallo), [people rec="0"]White Noise[/people] et [people rec="0"]Silver Apples[/people], les pionniers d'un certains psychédélisme minimal électronique, [people rec="0"]Spacemen 3[/people], groupe mythique de rocker sous acides usant autant des synthés vintage que des drones de guitaresacides et [people rec="0"]Daniel Miller[/people] enfin, fondateur de Mute Record, personnage emblématique du post-punk et musicien au sein des fulgurants [people rec="0"]The Normal[/people], dont Zombie Zombie reprend le fameux "Warm Leatherette". On retrouve tout ça dans A Land for Renegades. A la manière de [people rec="0"]James Murphy[/people], Etienne Jaumet et CosmicNeman font la connexion entre différentes scènes, différentes époques et différentes musiques, toutes unies sous l'emblème Zombie Zombie.
Tracer la routeCes qualités, ajoutées à la capacité d'hypnose que ses onze morceaux génèrent, donnent à Land for Renegades l'envergure d'un grand album autoroutier. Un peu à la manière de l'Autobahn de [people rec="0"]Kraftwerk[/people] ou du Landcruising de [people rec="0"]Carl Craig[/people]. On distingue d'ailleurs deux types de compositions sur l'album des Français, d'un côté le trip mental propice à l'introspection et l'hypnose ("Interlude", "What Happening in The City ?" ou "Psychic Harmonia" et sa guitare planante) et de l'autre, le trip physique ("Driving This Road Until Death Set You Free", l'hystérique "I'm Afraid of What's There", "A Land for Renegades" et "Texas Ranger") Mais finalement, à la manière dont le duo brouille les pistes entre electro et rock, les deux s'annulent dans un grand mouvement centrifuge psychédélique, appelant autant à la danse qu'au coma, ou au coma d'après la danse. Pour l'exemple on prendra leur reprise à la fois déglinguée et nonchalante du "Nightclubbing" de l'Idiot [people rec="0"]Iggy Pop[/people]. Danse grotesque pour punk sous vicodin, "Nightclubbing" symbolise également une époque où tout était possible, où synthétiseurs et guitares jouaient de concert, unissant punk et funk, disco et rock. Grâce au vaudou de Zombie Zombie, cette époque se voit enfin réanimée, revenue d'entre les morts, elle semble avoir beaucoup de chose à nous apprendre. Venez. Approchez. Ecoutez
Zombie Zombie - A Land for Renegades Chez Versatile/Nocturne, mars 2008.
1 parodie Si Wes Anderson avait réalisé Battleship
2 justice Al Qaïtarte : un procès dadaïste
3 art Van Gogh, Dali et Picasso disséqués
4 Supercut Fast & Furious résumé à ses changements de vitesse