Isis : Metal Machine Mystique

28/12/2006 - 10h33
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"Où étiez-vous le 06 juin 2006" (06/06/06) demande Pitchfork dans son panorama annuelle  de la scène néo-metal mondiale. En effet, si 2006 aura sans conteste été l'année du metal, elle est plus certainement encore, "l'année de son retour sur le devant de la scène", pour autant que les groupes phares de cette vaste nébuleuse aient encore quelque chose à voir avec ce que l'on appellait "metal", il y a dix ou 20 ans de cela. Toujours est-il qu'il est difficile aujourd'hui pour l'auditeur curieux de faire l'impasse sur les Sunn o))), Boris, Mastodon, Tool, Jesu, Isis et autres bruyants adorateurs du bruit.D'Isis il sera justement question ici, à l'heure ou le quintet power-ambiant/avant-doom  de Los Angeles - aujourd'hui basé à Boston - sort son troisième et dernier album (précédé  d'une belle poingée de live et de E.P.), In The Absence of Truth, sous-titré de la phrase d'Hassan Ibn Sabbah (qui fera sursauter tout fan de William Burroughs) : "Nothing is true, everything is permitted". Un slogan qui sied parfaitement au groupe d'Aaron Turner également boss d'Hydra Head Records, lui que l'on voyait inviter une flopée d'artistes électros, de Thomas Köner à Fennesz en passant par Tim Hecker ou Venetian Snares, à remixer son précédent album Oceanic. Première évidence à l'écoute du monument qu'est In The Absence of Truth, Turner  est sa bande "connaisse la musique" et surtout l'histoire des avant-gardes, de Steve Reich à Tony Conrad, dont les influences évidentes planent sur "All out of Time" ou même dans les chorus répétitifs de "Not In Rivers, but in Drops". Si l'intérêt d'Isis pour les formats étirés (souvent plus de dix minutes) tient plus du post-rock que de l'ambient (aussi "power" soit-il), In The Absence of Truth, fait aussi la part belle à l'électronique, comme sur l'étonnant et presque electronica "Firdous Bareen" dont l'introduction click'n'cut en surprendra plus d'un. Les velléités doom sont toujours présentent, en particulier dans les vocaux paroxystiques de Turner, bien que mixés en retrait comparativement aux autres albums, mais ce chant a lui aussi largement évolué, s'approchant plus généralement d'une plainte, réellement poignante quand elle transcende la rage incandescente du groupe (sur "Not In Rivers, but in Drops", précédemment cité, où une basse polaire n'est pas sans évoquer les meilleurs moments de la new wave (Cure, Echo & The Bunnymen, version lourde). Un chose est sûr à l'écoute de cet album exceptionnel, mais aussi de leur collaboration  avec les Anglais d'Aereogramme dans la collection In The Fishtank, Isis est l'une des  formations les plus novatrices dans le domaine de l'avant-doom, on reste stupéfait devant leur potentiel, persuadé de tenir là un groupe à suivre pendant de nombreuses  années. A suivre donc, en particulier sur le profil myspace du groupe, ou vous pourrez écouter "Holy Tears" tiré de In The Absence of Truth, "So Did We" de Panopticon, "The Others" d'Oceanic et "The Tower" sur la compilation Celestial, en ayant ainsi un bon point de vue sur son évolution global.

 

Isis - In The Absence of Truth (Ipecac/Differ-Ant)Isis/Aereogramme -; In The Fish Tank (Konkurrent/Differ-Ant)

 

Par Maxence
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