Internet mon amour, téléchargement mon chéri

08/09/2008 - 11h07
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Le projet de loi "Internet et Création" qui doit passer devant le Parlement Français cet automne a, entre autres particularités amusantes, été rédigé sans la consultation des créateurs. Les industriels, les distributeurs et les politiques ont tous eu leur mot à dire (du moins le croyait-on jusqu'à ce qu'on apprenne les méthodesdouteuses de Denis Olivennes et Christine Albanel pour obtenir des signatures) et il s'est bien trouvé a posteriori des artistes pour courageusement s'élever pour le projet de loi de leurs patrons et du gouvernement dans une tribune du Monde en juillet dernier intitulé "Culture ne rime pas avec gratuité". Alain Corneau, Costa Gavras ou Jean-Jaques Annaud n'ont pas un instant réfléchi que leurs noms non plus ne rimaient pas avec toute la culture mais ils semblent en tout cas certains que "gratuit" ne fait pas partie de leur vocabulaire.

 

Il y a des artistes qui ont envie de distribuer leur production gratuitement ou du moins qui refusent qu'on empêche sa circulation et son partage. Signataires de la pétition "Internet Mon Amour" ils veulent être pris en compte dans le projet de loi et demandent à être téléchargés, "piratés". Il semble que personne au gouvernement n'a entendu parler des licences Creative Commons et des artistes qui mettent volontairement leurs oeuvres sur les réseaux peer to peer ou des net-artistes qui créent des sites gratuits. Tous les modèles développés depuis des années par les artistes de demain (d'aujourd'hui même) sont simplement ignorés alors qu'ils pourraient être encouragés. Il suffit de regarder un peu les chiffres publiés par Numérama il y a peu : aux USA et au Royaume Uni, les revenus reversés aux artistes par les équivalents locaux de la SACEM sont plus haut que jamais. ils n'ont jamais baissés et en France non plus même si la hausse est bien plus timide. C'est en fait l'explosion des moyens de diffusion des oeuvres, en particulier sur le net, qui fait que la chute des ventes de disques est largement compensée pour les artistes. Elle ne l'est évidement pas pour les maisons de disques ou les distributeurs traditionnels mais dans les pays anglo-saxons, plutôt que de ne s'adresser qu'à eux pour pondre des lois rétrogrades (ces pays en ont pourtant aussi leur lot) on n'a pas freiné le business du futur.

 

Par Cédric Le Merrer
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