Huit raisons d’aimer Skrillex, malgré tout Leave Skrikri alone

27/04/2012 - 14h58
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Fringué comme un sac, il est à l’origine de cette agaçante vague de dubstep-mania (ou "brostep") qui inonde le monde depuis trois ans et va même jusqu’à salir le groupe The Doors. Skrillex est-il pour autant le diable incarné ? Fous que nous sommes, nous allons tenter de vous convaincre que non en fait, ce type n'est pas aussi consternant qu'il n'y parait.

"Ils triomphent en concert, ils sont influents musicalement, ils sont prêts pour la domination mainstream mondiale", titrait Billboard en février 2012, avec Diplo, A-trak et Skrillex en tête de gondole. Ce dernier est partout depuis quelques mois. Aux Grammys, où le DJ de 24 ans vient de rafler trois statuettes, au Zénith de Paris le 27 avril (sold out), mais aussi en couverture de magazines influents tels que Rolling Stone ou Rocksound (novembre 2011), voyant en lui rien de moins que "le futur", ou en encore Spin (septembre 2011), qui place Skrillex en leader de la "new Rave Generation", devant Tiesto, Justice, Deadmau5 et Diplo. Son morceau "Scary Monsters And Nice Sprites" a été vu près de 80 millions de fois sur YouTube.

Un tel buzz ne pouvait manquer de créer une bonne grosse montée de haine - Lana Del Rey en a récemment fait l’expérience - notamment de la part des puristes du dubstep, exaspérés pas cet avorton américain au look d’emokid boutonneux qui a le culot de remplir des stades avec ses drops de bourrin tandis que les plus subtils Burial, Kode9 et Skream restent confinés dans l’underground, à l’ombre de leur poisseux garage anglais. On les comprend un peu, mais faut-il pour autant s’adonner au Skrillex-bashing, s’amuser à annoncer sa mort sur Twitter tous les quinze jours pour faire du trending topic, monter sur le champ sa fanpage acerbe sur Facebook ou son tumblr moqueur ?

Voici 8 raisons d’y renoncer, d’accepter la domination brostep qui s’annonce, de rester peace, man, et de supporter Skrillex malgré tout.


- Skrillex fait danser les kids

S’il y a bien une chose qu’on ne peut enlever à Skrillex, c’est qu’il sait casser les clavicules des kids en mal de sensations fortes. Certes cet argument marche aussi pour les Black Eyed Peas et leur soupe Hip-euro-dance’n’B. Mais quand même, là on atteint un autre niveau de jubilation collective. Skrillex a une science du "drop", cet instant où il lâche les basses après un crescendo rythmique, qui fait mouche auprès des "candy ravers", ces néofans d’electro un peu hippies habillés avec des couleurs flashy, sans doute lassés des concerts underage. C’est simple, Skrikri d’amour les rend dingue. Pour assister à son concert, et ceux d’artistes electro tels que Diplo ou Flux Pavillion, ils étaient 230 000 à s’être déplacés au Electric Daisy Carnival, festival itinérant américain installé à Dallas en 2011. Soit plus du triple de l’affluence d’un festival mastodonte comme Coachella. Quinze ans après le carton mondial de l’album "The Fat Of The Land" de Prodigy, le "Big Beat" est de retour, motherfuckerzzz.


- Skrillex ne dénature pas le dubstep, il fait du brostep

Ses fans ont beau avoir l’impression d’écouter du dubstep, que ses détracteurs l’accusent aussitôt de faire tapiner sur Venice Beach avec ses gros breaks de frat-boy décérébré, Skrillex n’est pas totalement coupable. Car il pratique en réalité le "brostep", une étiquette récemment inventée pour les doux ravers de son type. Loin des ambiances sombres et hypnotiques distillées par les pionniers londoniens Benga, Skream ou Burial, le "brostep" assume son racolage sonore comme tel.

Initié par le DJ Rusko, ce style est un peu au dubstep ce que le heavy metal est au rock indé : une version moins subtile, mais plus violente, plus directe, plus sauvage, avec des breaks barbares et des "wobbles" (basses modulées typiques du dubstep) à vous péter les tympans, dont la composante essentielle réside dans l’idée de faire bouger les masses dans la joie et la bonne humeur. Skrillex, Nero et Datsik pratiquent ce dubstep mutant, sous steroïdes, au rythme plus lent que son aîné underground, mais à la structure plus rock et aux mélodies plus accrocheuses. Dans cette confusion lexicale, les millions de fans de Skrillex auront peut-être appris ce que voulait dire le mot "dubstep" au passage, et jeté une oreille sur les compilations HyperDub. C’est déjà ça.


- Skrillex est moins couillon que ses fans

L’image de mauvais goût absolu que dégage Skrillex n’est pas uniquement liée à son look de bûcheron nerd gothique et à sa musique maximaliste : ses fans l’enfoncent chaque jour un peu plus par leur bêtise. A en croire les groupes Facebook qui lui sont consacrés, leur humour potache est assez navrant ("What begins in S and ends in EX, and gives you orgasms? Skrillex” ; “Clumsy Skrillex, always dropping the bass” ; “Not even Chuck Norris can handle a Skrillex Bass Drop” ; “I hate how they compare Skrillex to Jesus. He's good, but he's no Skrillex”, etc).

Et quand le DJ tente par exemple de faire écouter "Flim" d’Aphex Twin à ses admirateurs sur Facebook, un morceau bien plus calme et abstrait que les bangers testostéronés auxquels leur idole à lunettes les a habitué, c’est l’incompréhension générale : "où est le drop ?", s’impatientent-ils en cœur dans les commentaires,  témoignant d’une vision étriquée, bornée, et finalement assez consumériste de la chose electro dont ils se gavent comme si c'étaient des burritos.

Skrillex, qui ne cherche jamais à paraître cool, a confié au magazine Pitchfork que sa passion pour Aphex Twin était née en regardant une Carte Blanche confiée à Korn sur MTV, lorsqu’il avait douze ans. Fin connaisseur de Squarepusher, Autechre et de toute la clique Warp depuis, il n’a  toujours pas bien compris pourquoi ses fans étaient rebutés par cette electronica plus complexe que son festival de drops. On a les fans que l’on mérite ?


- Skrillex a battu David Guetta aux Emmy Awards

Sans forcément être fan hardcore de Skrillex, difficile de ne pas lui être reconnaissant pour une chose : avoir battu David Guetta aux derniers Grammy Awards. L’horripilant DJ français, qui passe son temps à saloper le R’n’B et le hip hop américain avec sa dance javellisée (comme si les soirées étudiantes et les pubs pour les casques audios ne lui suffisaient pas) s’est ainsi fait coiffer au poteau par le californien dans les catégories "meilleur enregistrement Dance" (tout comme les atroces Swedish House Mafia avec leur "Save the World" et la scie con-con "Barbra Streisand" de Duck Sauce) et "meilleur album Dance/Electronica" en 2012. Depuis, l’époux de Cathy Guetta a annoncé son départ à la retraite. Hasard ou coïncidence ? Bel espoir pour l’humanité dans les deux cas, malheureusement démenti par l’intéressé depuis.


- Skrillex est respecté par des gens cools

"Ce que fait Skrillex, c’est vraiment authentique, man. L’énergie qu’il dégage sur scène, c’est genre, 40 fois plus fort que ce que fait David Guetta". Ce n’est pas Cathy qui l’a dit, mais Diplo, moitié de Major Lazer, boss du label Mad Decent connu également pour avoir produit M.I.A, Beyonce et Santigold.

Le respecté DJ canadien Deadmau5, auteur du morceau "I Remember" notamment, est également fan revendiqué de Skrillex. Il l’a d’ailleurs signé sur Mau5trap, son propre label.

"Je ne sais pas comment Skrillex parvient à faire ce qu’il fait en tout cas je le putain de kiffe", s’est pour sa part enflammé ce grand Foo (Fighter) de Dave Grohldans le NME, "mais je suis convaincu que la raison de son succès vient du fait qu’il sonne avant tout comme du Skrillex, et c’est sacrément badass.

Jamais à cours de superlatifs lui non plus, Kanye West a déclaré sur Twitter que le remix par Skrillex du “Cinema” de Benny Bennassi était "l’une des plus belles œuvres d’art jamais réalisées". Quant à Dr Dre, il serait en contact téléphonique avec lui . Sinon, après l’avoir snobé, Aphex Twin a adressé la parole à Skrillex de manière amicalelors d’une tournée, ce qui n’est pas rien.


- Skrillex en a (un peu) bavé avant de percer

Dans son enfance dans le nord de Los Angeles, à l’époque où il s’appelait encore Sonny Moore, Skrillex en a un peu bavé. Ses parents étaient certes ouverts et à l’écoute de ses problèmes, mais ce n’étaient en réalité pas ses parents : Sonny a été adopté. Ce qui l’a mis en rogne, une fois qu’il l’a appris en 2004.

Malmené par ses camarades de classe dont il est le souffre-douleur, Sonny quitte l’école à 16 ans pour se lancer dans une tournée avec un groupe de rock emo : guitariste, puis chanteur de From First To Last, il doit quitter le groupe en pleine ascension suite à des complications avec ses cordes vocales abîmées en 2007. Il se lance alors dans une carrière solo plus risquée, en tant que DJ. Skrillex n’a jamais été à l’aise avec son physique.

Pendant l’adolescence, son acné abondante le pousse à se camoufler derrière sa chevelure, jusqu’au jour où il décide de se raser la moitié du crâne par pure défiance : désormais, il ne peut plus se cacher. Mais aujourd’hui encore, toujours complexé, il rechigne à se montrer dans la presse. Il préfère rester derrière ses platines, dans le noir.


- Skrillex est tout-terrain

Skrillex et Robby Krieger des Doors

Comme on l’a dit, Skrillex vient du rock : fan de Korn avant de découvrir Warp, il a chanté dans un groupe de "screamo" (Form First To Last, entre 2007 et 2007), puis a tourné avec une autre formation rock nommée Sonny and the Blood Monkeys avant de se concentrer sur l’electro.

Ce passif hybride infuse aujourd’hui son parcours : production et chant pour le groupe de metalcore anglais Bring Me The Horizon en 2010 (attention c’est très tourmenté), production d’un titre de ses idoles de jeunesse Korn en 2011 ( attention c’est très mauvais), morceau classique orchestral sur son "Bangarang" EP (2012) et pire que tout, un morceau réalisé avec les Doors survivants : Ray Manzarek, Robby Krieger, et John Densmore. Intitulée "Breakin' a Sweat.", la chanson electro-bouillie-jazz-rock, censée être une variation autour du "Milestone " de Miles Davis, a du faire faire des saltos arrière à Jim Morrisson et Miles dans leur tombe. Mais au moins, elle fait honneur à son titre : ça crache du décibel salement.

Hormis ces fautes de goûts notoires qui traduisent néanmoins la grande ouverture d’esprit de Skrillex, le DJ se dit aussi passionné par le reggae. Il a d’ailleurs collaboré avec Damian Marley sur un morceau tout à fait écoutable. Ou comment passer de la daube au dub.


- Skrillex n’est pas vénal

La quasi-totalité des chansons sorties par Skrillex sont disponibles sur son YouTube officiel. "Je n’utilise pas vraiment ma maison de disque comme un label en major ; c’est plus pour la partie administrative que je m’en sers", confie-t-il à Pitchfork. "On fait tout avec notre équipe. Chacun des 300 et quelques shows qu’on a fait l’an dernier, ça a été dealé en toute transparence. Au final, tout passe par moi. (…) Mon équipe, c’est uniquement des amis. Mon tour manager a 25 ans. On tourne ensemble depuis que j’ai 17 ans, je l’ai rencontré quand il était vendeur à la sauvette dans une avenue de Caroline du Nord -  il a voulu me vendre un déodorant un jour quand j’étais avec mon ancien groupe, et c’est mon meilleur ami depuis. Quand tu commences à avoir vécu pas mal de choses, et que tu te tiens à l’écart de la routine, tu réalises qu’il faut être heureux et honnête avec toi-même. C’est tout. Faire les choses qui te rendent heureux.  Je n’ai pas besoin de grand chose pour vivre, je n’ai pas besoin d’une chambre d’hôtel. Je n’achète pas de trucs hyper chers, je dépense peu. Ça n’a pas d’importance. Je veux juste être heureux."

Skrillex, sa musique, ses potes et son déo : un mec simple, finalement.

Par Eric Vernay
COMMENTAIRES
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Je suis fan de Skrillex, arrêter de dire qu'il bousille le dubstep, il fait du brostep! J’écoute tout genre de musique élecro (trance,dubstep,house...) et en tant que DJ j'adère, il faut vivre avec sont temp! Puis si les moutons et les puristes sont pas content, qu'il retournent brouter du Guetta...
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Anonyme | le 21/11/2012 à 17h40 | Signaler un abus
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arrtez de insulter skrillex c'est un artiste comme les autres on l'aime ou pas (vous l'aimez pas vous la fermez )
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Anonyme | le 21/02/2013 à 12h14 | Signaler un abus
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Les hipsters sont versatiles : un coup on l'aime Skriskri, un coup le déteste, un coup c'est hype et l'autre pas.
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Anonyme | le 24/12/2012 à 00h23 | Signaler un abus
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skrillex your music is wonderful , it makes me dream you are fashion
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Anonyme | le 06/10/2012 à 16h42 | Signaler un abus
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laissez tomber le meilleur du dubstep c'est Xilent et Savant xP (oui je sait c'est pas du tout objectif x)
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Anonyme | le 18/05/2013 à 13h58 | Signaler un abus
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Jetez un oeil à ma petite création visuelle pour Skrillex ;) https://www.youtube.com/watch?v=08Bjjl6BNMY
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Anonyme | le 10/09/2012 à 12h30 | Signaler un abus
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Vous abusez de l'attaquer sur son physique. Il est pas si moche que sa. Moi j'aime bien sa gueule. Ce sont pas les fans qui l'enfoncent mais des médis comme vous.
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Anonyme | le 19/05/2013 à 10h20 | Signaler un abus
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j adore le brostep et j adore skrillex
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Anonyme | le 13/01/2013 à 10h25 | Signaler un abus
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