Fuck off Machine Chez Klang electronic/Nocturne, oct 2007

22/01/2008 - 17h19
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A quoi ressemble la vie quand elle est uniquement vécue la nuit ? La réponse dans Why Not?, un disque irrévérencieux, je-m'en-foutiste et branque d'Alter Ego.

Braillard, rigolard et carrément cake parfois, , d'Alter Ego, porte bien son titre. Et pourquoi pas ? L'album apporte sa part de plaisir brut et décomplexé. Danser chez soi sur , c'est un peu comme d'écouter les pires groupes de metal au casque pour ne pas que vos voisins apprennent votre goût caché pour le gras. Prenons par exemple, l'énorme "Gary", un des meilleurs morceaux de l'album décrit par le critique Phil Sherburn comme la rencontre d'un "Gary Glitter électro et d'un Gary Numan sous stéroïde", le morceau nous déverse ses riffs de synthés à la Blade Runner dans les oreilles et finalement c'est un tel pied, qu'on en redemande. Sur "Blank", Alter Ego exécute un parfait pied de nez à cette scène minimale si "raffinée" en se permettant un titre carrément aussi puissant que le "Mouth to Mouth" d'Audion ! Croyez-moi celui-là, vous ne l'entendrez pas que dans votre salon. Disque jouissif, Why Not? se moque bien de la bienséance et du bon goût. Il joue, point. De "Jolly Joker", totalement extraverti dans le genre acid techno détraquée, au bizarre "Third World Food on Upper East Side" qui semble singer les tics et les tropes d'un Villalobos tout en en ironisant, Why Not? regorge de clin d'oeil et de plaisanteries de ce genre. Un disque malade fait par des malades. Illustration avec ce "Pleasure Island" au titre totalement inapproprié : brutal, idiot et dévastateur, porté par un pied lourd et totalement épuisant, il restera certainement dans les annales de l'histoire de la techno comme le plus fabuleux "fuck off" lancé à la face de la culture new rave. Pour autant Why Not? n'est pas si éloigné du son de leurs productions plus "cérébrales" des débuts. Sur "Fuckingham Palace" par exemple, hormis le titre en forme de grosse blague au premier degré et le gros pied, on n'est pas si loin de l'ambiance de leur mythique Decoding the Hacker Myth de 1996 réédité l'an dernier. Même petits sons idiots, à cheval entre IDM 90's et techno, même répétitions éreintantes, même structure tordue, bien loin de l'idéal techno classique. Bref, si Why Not? s'annonce déjà comme un album ambigu, adoré ou détesté, c'est avant tout un bel exemple de décontraction et d'intelligence, contrairement à ce que voudrait nous faire croire ces rythmes bornés et ces blagues de potaches. Un peu comme le dernier de la classe, nul en maths, celui qui squatte le fond de la classe, mais dont on apprend des années plus tard que c'était pour lire Conrad, Dostoïevsky et Philip K. Dick... Why Not?, c'est un peu la guerre à l'intelligence faite par des mecs brillants. A essayer donc, pour ne pas mourir idiot.

Par Théophile Pillault
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