
Non, l'expression du rock dans l'hexagone, avec ses groupes, ses bikers, ses loubards de banlieue et ses blousons noirs, ce n'est pas uniquement Didier l'Embrouille, la caricature de rocker interprétée par Antoine De Caunes dans les années 90 sur Canal +, ni les "bananeux" désopilants de Margerin dans sa série Lucien.
Le rock en France dans les 60's, fut avant tout une vraie culture urbaine. Disparue aujourd'hui, elle fut de celle qui anima, souvent violemment, les rues (et les soirées !) de la capitale et dans une moindre mesure, de la province, bien avant le rap et ses scandales ineptes. Désordres, une exposition organisée par Jean-Baptiste "Wizz" Guillot, maître à penser du fameux disquaire et label parisien, Born Bad, est là pour le rappeler.
Inaugurée le 17 novembre dernier à la Galerie 12Mail (12 rue du Mail, 75002), l'exposition Désordres sera ouverte au public jusqu'au 14 janvier 2011. On pourra y découvrir via des photos et des installations originales, une époque où être "rock" voulait réellement dire quelque chose dans notre pays. Quand écouter cette musique "nocive pour la jeunesse" (comme le disait les médias de l'époque), représentait "un choix de vie dangereux et sans concession", selon les propres termes de JB Wizz dans son communiqué de presse. Loin des fils (et filles) à papa du "baby rock" parisien actuel, la vie de rocker présentée au cours de cette manifestation était synonyme de marginalité et de radicalisation. Sex, drugs and rock 'n' roll, représentait alors un choix existentiel, musical autant qu'esthétique, qui s'avérait quasiment politique dans les 50's et les 60's.
L'exposition Désordres se présente avant tout comme un hommage au livre de Maurice Lemoine, Le Cuir et le Baston (paru en 1977 aux éditions Jean-Claude Simoen), au travers des photos rares de Yan Morvan, et des installations de Moolinex (sous le symbole tutélaire de la Mobylette), sans oublier le "Discographisme Récréatif" de Patrice Caillet.
Une expo qui permet d'aller au delà du folklore du rock'n'roll, abolissant également avec classe - et surtout, on l'espère, définitivement - toutes frontières entre high et low culture. Salutaire !
Par Maxence Grugier Follow @MaxenceGrugier
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