
Le Suédois Alex Willner, aka The Field, sort son troisième album, Looping State of Mind, le 10 octobre prochain. Plus qu'un disque "de plus", c'est avant tout une étape supplémentaire dans le parcours de l'un des artistes les plus intéressants signé par Kompakt ces dernières années.De The Field, on se souvient des plages éblouissantes de blancheur de . Blanches comme le bruit blanc, éblouissantes comme la cécité des neiges (une affection de l'oeil aussi appelée "photokératite", qui se produit dans l'oeil trop longtemps exposé à la lumière du soleil reflété par la neige). On se rappelle aussi des boucles vocales sensuelles empruntées à Cocteau Twins de , son deuxième album, mélange de pop, de techno et de shoegazing.Première différence d'avec ces deux illustres prédécesseurs, Looping State of Mind est le fruit du travail d'un vrai groupe. The Field, devenu un trio, poursuit sa quête du sublime, mais cette fois c'est entre acoustique, électrique et électronique que cela se joue. Willner ne se contente plus de souffler le froid et le chaud sur ce que l'on appelait un temps, "la techno minimale", même s'il continue d'explorer à sa manière de moins en moins désincarnée, 50 ans d'histoire de la musique. De l'indie rock à la techno, en passant par la disco, la new wave et la pop. Pour se faire, The Field inscrit toujours plus d'éléments live dans sa musique. Willner s'accapare alors des sons chauds, de la rondeur de la basse à la robustesse rythmique d'une batterie plus présente et franche que celle ordinairement produite par les machines. Bénéficiant pour de bon des services de Dan Enqvist et Jesper Skarin - qui remplace désormais Andreas Söderstrom à la batterie -, le troisième album du Suédois est plus que jamais le résultat de l'équation rythme + harmonie. Au rayon nouveautés, Looping State of Mind, mixé par le gourou de la techno de Cologne, Jörg Burger, est également tributaire de nouveaux éléments : en plus des vocaux samplés et des voix chuchotées, on notera surtout la présence toujours plus évidente de vrais instruments, contrebasse et piano, par exemple, venant concurrencer basse et batterie. Avec ce disque, la métaphore est facile, mais on peut vraiment dire que "la boucle est bouclée" pour Willner et son projet. Ceci étant, il y a peu de chance pour que cela soit définitif, et l'on peut encore s'attendre à de nouvelles -; et surprenantes -; évolutions, de la part du Suédois.
Par Maxence