
Il y a quelques semaines, l'ami Traske et moi-même nous demandions à quoi correspondait le terme "minimal" aujourd'hui ? Galvaudé, vidé de son sens, conspué même, depuis quelques mois, le genre phare du début des années 2000 cherche de toute évidence un deuxième souffle. Personnellement, j'ai toujours pensé que son avenir résidait dans la mélodie, comme Kompakt a si bien su le montrer l'an dernier. Histoire de me donner raison, Donnacha Costello sort providentiellement une compilation regroupant le meilleur de ses fameuses Colorseries, paru en maxi tout au long de l'année 2004. Donnacha Costello, que certains connaissent déjà pour ses productions sur des labels comme Mille Plateaux, Force Inc, Minimise, Kompakt, Raster Noton et bien d'autres. Autant dire, malgré une relative discrétion, que le bonhomme est loin d'être un novice.
A l'écoute de ces 10 titres impeccables, on a envie de dire : voilà la minimale qui fait mentir les oiseaux de mauvaise augure qui annoncent la fin du genre, celle qui cloue le bec aux râleurs et remet les choses à leur place. Rarement série aura aussi bien mérité son nom. Colorés, ses morceaux le sont. Le producteur irlandais qui débuta sa carrière en 1989 a d'ailleurs toujours su nous proposer une techno à la fois rigoureuse et chaleureuse, réellement dansante et toujours harmonieuse. Pourtant avouons qu'il n'est pas toujours été aussi convaincant sur le long cours d'un album, qu'ici, au milieu de sa collection de dégradés funky et j'ose le dire, carrément chatoyants. Bourré d'énergie positive, chaque morceau de Colorseries donne envie de lever les bras en l'air, de bouger la tête et de remuer gentiment les hanches. Même les titres les plus répétitifs comme "Pistachio A" ou "Grape B", se parent de mille couleurs, quant aux autres, les "Orange A", "Grape A", "Rubin Red B", ils oscillent doucement entre ritournelles minimales et electronica scintillante. Ajoutez un poil de progressive aux reflets trancey sur "Opal Sessions" (un inédit) avec ses nappes obsédantes, deux belles plages ambiantes sur "Cocoa B" et sa session cousine (encore un inédit) de la même chaude couleur chocolat, pour finir sur une note épicée avec l'electro naïve et cosmique de "Mustard B" et vous aurez de quoi vous faire monter le rouge aux joues. Costello réalise même un "Blue B" qu'on ne peut que concevoir comme un clin d'oeil à Plastikman (période Consumed), magique !
Donnacha Costello - (Minimise/Nocturne, déc 2007)
http://www.myspace.com/donnachacostello
Par Maxence