
Les trois punkettes du groupe Pussy Riot contre lesquelles le parquet de Moscou avait requis trois ans de camp pour avoir entonné une « prière » anti-Poutine devant la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou le 21 février dernier 2012 ont été reconnues coupables de hooliganisme vendredi 17 août.
A l'issue d'un procès stalinien qui a d’ores et déjà pris une ampleur internationale et alors que le procureur avait requis des peines de trois ans de camp à l’encontre de Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans et Maria Alekhina, 24 ans, pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse", le tribunal de Moscou les a condamné à deux ans de "colonie pénitentiaire".
Les trois femmes qui comparaissaient depuis fin juillet devront donc purger une peine d'un an et demi puisqu'elles sont en en détention provisoire depuis bientôt six mois.
Frédérick Lavoie, un journaliste présent sur place, a confirmé que le jugement avait un caractère plus religieux que juridique.
Lors d'une lecture interminable, la juge a en effet repris les arguments du procureur et souligné qu’il n’y avait pas eu de "repentir" de leur part tout en affirmant qu'elles souffraient de "troubles de la personnalité" révélés lors de l'analyse psychiatrique. Elle les a également accusées d’avoir "violé l’ordre public" et "offensé les sentiments des croyants".
Les accusées ont écouté sans émotion outre mesure la lecture du jugement depuis la cage de verre des prévenus où Nadejda Tolokonnikova souriait vêtue d’un tee-shirt où il était inscrit "no pasaran".
Aux abords du tribunal, des centaines de manifestants ont exprimé leur mécontentement à la tombée du verdict, entraînant plusieurs arrestations. Dans la matinée déjà, des jeunes ont encagoulé des statues pour afficher leur soutien aux punkettes, tandis qu'un important dispositif policier a été déployé aux abords du tribunal où partisans et détracteurs des jeunes femmes ont tout de même pu affluer avant le début de la lecture du jugement. Parmi eux, l'opposant Garry Kasparov aurait été arrêté et embarqué dans un fourgon de police.
Des rassemblements en faveur des prévenues se sont également tenus dans de nombreuses villes comme New York et Paris, où les partisans des Pussy Riot sont regroupés depuis 13 heures place Igor Stravinsky.
Crédit photo : Mitya Aleshkovsky / PHOTOSHOT / UPPA / VISUAL Press Agency