
Il y a des semaines où il vaut mieux partir tard qu'arriver tôt. Il y a deux jours, Deep Singh, le librettiste et auteur de nombreuses comédies musicales rock, annonçait fier de lui à la presse que David Bowie, retiré des affaires (mais pas tant que ça si on suit son actualité, il a juste arrêté de... chanter et de composer), avait donné son autorisation pour que soit mise en chantier, en vue d'un lancement au printemps 2012, une comédie musicale racontant son parcours et sa vie, sur le modèle de ce qui avait été fait autour de Queen et plus récemment de The Smiths. La comédie musicale était annoncée comme écrite, baptisée "Heroes" évidemment et prête à lancer. L'auteur expliquait qu'il s'agissait non pas d'un simple tribute to, constellé de hits mal repris et interprétés par des intermittents du spectacle et de la danse mais bien d'une vraie comédie musicale sociale et futuriste évoquant la vie du Thin White Duke, ses multiples incarnations et bien sûr sa musique et ses hits. Il y a quelques décennies une tentative de cet ordre avait déjà été montée qui n'avait finalement pas aboutie.
Il n'aura fallu que deux jours au clan Bowie pour annoncer que tout ceci était du pipeau et que Bowie n'avait rien autorisé, jetant le trouble sur une initiative que d'aucuns trouvaient déjà critiquable. Après avoir cessé de créer, Bowie allait-il se lancer à corps perdu dans l'exploitation de son propre patrimoine. On rêvait déjà à une campagne monstrueuse de rééditions Deluxe, à un parc à thème où se cotoyeraient luxueusement Ziggy Stardust, l'univers d' et quelques autres Starman descendus des étoiles. Que nenni : 1-1 balle au centre et point mort pour le moment. Le clan Bowie cherche-t-il à mieux négocier l'emprunt du répertoire ? S'agit-il d'une opposition de principe ? Bowie s'apprête-t-il à faire d'autres annonces ? Comme souvent autour du personnage, personne n'en sait rien. Les fans devront encore une fois attendre un peu et regretter tout de même que leur héros, à part un livre inabordable et quelques initiatives people, n'ait rien prévu de "tout public" depuis un bail. La comédie musicale en forme de biopic aurait au moins eu l'avantage, bien foutue, de rappeler Bowie au bon souvenir des jeunes générations. Son génie transformiste se serait par ailleurs parfaitement accommodé du format. To be followed donc.
crédit photos : Phil Wallis/NME
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Par Benjamin Berton