Crazy Clown Time, l'album de David Lynch, est en streaming sur NPR

01/11/2011 - 10h45
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  David Lynch est de retour en album. Rien d'étonnant, ça fait longtemps que le vieux singe s'intéresse à la musique, et ses premières participations actives aux arts mélodiques remontent à 1989. N'empêche que cet album, , marque un tournant pour le tonton David : exit son compère Angelo Badalamenti, exit les chanteuses Julee Cruise et Jocelyn Montgomery derrière lesquelles il se cachait pour interprétêr ses titres, le Lynch 2011 se lance (enfin) en solo !

L'histoire commence début 2010, lorsque Lynch termine deuxsingles electro-pop, qu'il confie aux Anglais de Sunday Best Recordings pour la diffusion européenne (alors que tous les labels indé lui font les yeux doux) et à PIAS pour la distribution aux Etats-Unis (le reste du monde, il downloade et il se tait). Les singles tournent si bien, et le ramdam des sites internets est si positif, que Lynch creuse le sillon et se lance dans un album complet. 

 

La sortie de la galette est prévue pour le 8 novembre, mais comme le 21e siècle n'est pas très patient, les ricains de NPR ont gagné l'autorisation de diffuser l'intégralité de Crazy Clown Time en streaming sur leur site. Vous l'y trouverez tout d'une traite (1h10 tout de même, d'ailleurs on aimerait bien que les artistes arrêtent de se caler sur la durée maximale d'un CD pour leurs albums et qu'ils nous sortent des disques plus courts et mieux montés, merci !) ou morceau par morceau.

 

Par pudeur (ou sens du marketing), Lynch choisit tout de même de collaborer avec Karen O (madame Yeah Yeah Yeahs, qui a elle-même signé un paquet d'incursions dans l'univers en pellicule) afin d'assurer la voix principale du single "Pinky's Dream". Un choix judicieux, tant la voix flottante de Karen O se marrie bien aux percussions fâchées du titre.

L'album ne prendra pas les fans du réalisateur par surprise. On lira un peu partout qu'il s'agit d'un disque lynchéen (sans déconner ?!!!) parce que l'ambiance est aux reverbs et aux accords mineurs (ceux qui sont tristes et que les Beach Boys n'utilisaient jamais). On sera agréablement surpris par l'abandon des ambiances électro-chiantes dans lesquels Lynch s'embourbait parfois avec Badalamenti, et on sera même étonnés de la modernité (certes relative) d'un mec qui sort son premier disque solo à 65 ans. Lynch aime les pédales d'effet, il en met partout, même sur sa voix. Il aime les prods brumeuses, mais on le savait, on a vu ses films. Ce qui est intéressant, c'est que Crazy Clown Time n'est pas qu'un album cinématographique, le vieux grigou a de vraies compétences en songwriting et une bien belle oreille. Ses morceaux créent une ambiance, à la façon d'un cinéaste, mais savent trouver un fil conducteur et des détours qui feront mouche auprès des mélomanes.

 

Evoluant quelque par entre un Fever Ray aux ambiances blues et un Flaming Lips désenchanté (la voix de Lynch rapelle parfois celle de Coyne dans ), le clown de David Lynch ne nous apparaît pas vraiment crazy, mais au moins très intéressant. Verdict le 8 Novembre.

 

 

 

Voir aussi- les clips façon films d'horreur

 

Par Cédric Bégoc
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