
On se croirait dans un mauvais remake du Dr Frankenstein ou dans un de ces vieux films de la Hammer où des bossus roumains viennent déterrer les ossements de célébrité et les cadavres à la lueur de chandelles en graisse de porc. Après la disparition des cendres de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana, il y a quelques semaines dans la maison qu'il partageait jadis avec la lippue Courtney Love, c'est la pierre tombale de Ian Curtis, le frontman suicidé de Joy Division, qui a été subtilisée au cimetière de Macclesfield, près de Manchester, où le chanteur avait vécu et était mort pendu à l'âge de 23 ans. Cette pierre tombale qui faisait au bas mot plus d'une centaine de kilos était l'un des lieux de pélerinage les plus fréquentés des fans de Joy Division. On s'y était rendu il y a quelques années avec beaucoup d'émotion. Elle était couverte de mousse (en son pied) et frappée très sobrement de l'inscription "Ian Curtis - 18 mai 1980 - LOVE WILL TEAR US APART". Au loin, on apercevait quelques immeubles, un peu de verdure et des restes d'activité industrielle.Selon la police, ce genre de forfaits est exceptionnel et ne s'explique pas vraiment. Les membres de New Order (groupe dissout rappelons-le depuis quelques mois) ont fait paraître un communiqué pour dénoncer cet acte odieux et demander aux voleurs de restituer la pierre tombale. Les habituelles recherches sur ebay n'ont rien révélé, tandis qu'on se demande qui d'autre qu'un fan transi, sans doute dopé par le récent biopic Control dans sa passion, pourrait être à l'origine d'un tel vol. En attendant la garde a été renforcée à Tanworth On Aden sur la tombe de Nick Drake, à Paris sur celles de C Jérôme et de Bézu. Le profanateur de sépultures rock court toujours et il est sacrément dangereux. Rentrez vos morts.