Cat Power, entourée et pourtant seule au Bataclan

22/01/2008 - 16h18
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Cat Power, entourée et pourtant seule au Bataclan
L'auteur
De Almeida Daniel
Daniel De Almeida
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Commençons cette notule avec une pensée émue pour Appalousa, première partie de Cat Power qui a du interrompre son concert après une demi-heure de "bugs" techniques successifs. Ce sympathique duo electro-toy-pop (oui c'est de moi) méritait mieux (comme on pourra en juger ici).

 

Ceux (dont nous sommes) qui n'ont jamais vu un concert approximatif de Cat Power - voix de teigne fragile, mélodies rêches et fesses vissées sur une chaise - doivent se faire une raison : ça ne leur arrivera jamais. La Chan Marshall 2008 est une professionnelle sûre de son talent.Sur la scène du Bataclan, elle a donné un concert millimétré accompagnée de quatre musiciens aussi doués que banals. La Chan Marshall 2008 peut sautiller (plutôt bien), s'adresser à la régie et dans la seconde reprendre son chant sans baisser d'une octave, ou encore prendre des poses parfaites pour les téléphones portables.

 

 

 

Cat Power a probablement gagné en puissance ce qu'elle a perdu en spontanéité maladroite, moyennant quoi son concert fut parfaitement carré et abouti.Malheureusement, côté musique, si les accents "soul" ne nous avaient pas toujours convaincus sur album (c'est notre faute), on s'est pris à les regretter pendant ce set "blues-rock" composé essentiellement de reprises issues de : "Aretha, Sing for me Aretha", "New York", "Lost someone"...Autant l'album permet à Chan de glisser les morceaux dans son propre univers esthétique, autant en live, tout finit par se confondre.

 

A de rares exceptions près, comme le cover magistral de son propre "Metal heart", la réussite des morceaux ne tient qu'à la voix soufflée d'une fille qui nous séduirait même en chantant le bottin accompagnée de bluesmen sourds. (A ce stade de l'article il convient peut-être de préciser qu'on a beaucoup aimé ce concert). Quand cette voix s'arrête, tout menace de basculer à nouveau, dans la réalité prosaïque des solos longs et des blues piétons. Heureusement le chant reprend toujours.

 

Après une quinzaine de morceaux et un rappel stonien ingénieux ("Satisfaction") Chan quitte la scène les bras chargés de cadeaux et des fleurs qu'elle n'a pas jetées au public acclamée par des fans qui suivraient cette voix n'importe où.

 

Sur le mag, la chronique de Jukebox

 

Photos via Photosandgiggs

 

Par Daniel De Almeida

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