Björk & Drawing Restraint 9

28/03/2006 - 18h30
Björk & Drawing Restraint 9

Le titre du film est incompréhensible. En plus, il m'évoque sur-le-champ Plan 9 from Outer Space d'Ed Wood, ce qui n'est pas vraiment un bon point. Bref, sautons directement à la case musique. Et c'est Björk qui se colle à la bande originale de Drawing Restraint 9 (le film de son mari Matthew Barney), pour la deuxième fois de sa carrière après Selmasongs pour Dancer in the Dark. Dans sa première B.O, Björk s'amusait avec les machines, les bruits d'usines et les tchou tchou de trains. Elle signifiait par ce moyen la façon qu'avait Selma, héroïne de Dancer in the Dark de s'inventer de la musique en permanence, et produisit au passage une B.O plutôt bonne, originale et toute entière dévouée au film.L'Islandaise remet le couvert avec Drawing Restraint 9 (par ici les extraits de la B.O). Du film, je n'ai pu voir que des images, mais celles-ci collent si bien avec les productions de Björk qu'il y a trop peu de chances de se tromper. La B.O épouse les contours du film, le soutient, s'enroule autour de lui tel un lière et se dessèche si le film n'est plus là pour la nourrir...Car au delà de quelques très beaux morceaux, comme le titre d'ouverture "Gratitude", avec ce bon vieux Will Oldham au chant (sa douceur change agréablement des intonations parfois perçantes de Björk), ou "Storm" en milieu d'album (une géniale composition de Björk, lente, déstabilisante, angoissante...), une grosse partie de cette B.O reste assez opaque à l'auditeur, peut-être à force de trop coller à des images que nous n'avons pas sous les yeux, mais pas seulement : les 10 minutes de chant traditionnel japonais de "Holographic Entrypoint" par exemple, ne sont pas un modèle d'accessibilité. Non plus le trio "Hunter Vessel", "Shimewana" et "Hunter Shimewana", composés de longues plages de tubas et de synthés.La B.O. de Drawing Restraint 9 est un disque amputé de son objet, qui peine à nous embarquer à son bord malgré sa réalisation sans failles. Pour autant, c'est une création audacieuse, et techniquement un coup de maître de Björk, qui use à la perfection de collages musicaux et d'arrangements tordus pour créer une ambience unique.Pour les curieux qui voudraient se plonger plus avant dans l'univers de Matthew Barney et Björk, la chronique de Drawing Restraint 9 est disponible sur Flu, le mag'.

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