Arctic Monkeys : What else ?

24/05/2007 - 09h46
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Arctic Monkeys : What else ?

J'avoue avoir longtemps cherché les raisons du succès des Arctic Monkeys. J'étais en Angleterre à l'époque de la montée en puissance des tout jeunes Anglais avec leur premier single "I Bet You Look Good On The Dancefloor". Zappage à 2h du matin pour trouver un programme, pour finalement tomber sur CDUK et son classement des singles au lieu du somnolant snooker. Et encore aujourd'hui je me demande comment ce groupe a pu autant cartonner, avec un single fun mais au clip horriblement chiant. Singles accrocheurs, identité lad, jeunesse fougueuse... Bon d'accord. What else ? Rien ? Peu ou prou. Sûr est-il que l'on préfère nettement voir les Arctic Monkeys en tête des charts plutôt que James Blunt et autres Pussycat Dolls. J'ai arrêté de chercher pour ma part, autant pour The Libertines, sans adhérer aux éloges, je peux concevoir leur portée (avec une grande réserve.. hem hem), autant pour les Arctic Monkeys, leurs qualités sont bien évidemment à reconnaître, mais leur statut de nouveaux prophètes à l'accent cockney ?...

Peut-être un élément de réponse va-t-il surgir grâce au second opus des anglais Favourite Worst Nightmare. Pour ceux qui avaient aimé Whatever People Say, That's What I'm Not pour sa sensibilité sous-jacente sous les strates de guitare, les quelques mélodies finaudes témoignant d'une authenticité touchante comme sur le beau "A Certain Romance", la première écoute de ce nouvel album risque de s'avérer quelque peu difficile de prime abord. Les grosses guitares bien balourdes prennent ici encore plus le pas, rajoutant un lest sonore conséquent et notifiable comme sur le single "Brianstorm". Toujours pressés et toujours en-dessous des quarante minutes, ce nouvel album s'écoute, puis... Rien. On n'en retient pas grand chose, pas de grosses mélodies, pas d'étendard suscitant une folle envie de pogo, pas de montée d'adrénaline, tout juste un dodelinement de la tête. Musicalement Favourite Worst Nightmare sonne un peu mieux sur la longueur que son prédécesseur, mais manque cruellement de singles pour marquer les esprits. L'album passe à une vitesse fulgurante, si vite qu'on ne retient que quelques bribes sympathiques ça et là, même après plusieurs écoutes. "D Is For Dangerous" est je crois sympathique, "Old Yellow Bricks" aussi il me semble... Un des rares très bons moments de cet album est la chanson "Fluorescent Adolescent" où l'on y retrouve cet Arctic Monkeys qu'on aime, ce refrain et cette mélodie pop, ce granuleux timbre d'Alex Turner, ce délicieux accent qui sent le fish'n'ships, porte des survêts, va jouer au stade le dimanche, se rend au pub pour mater la Premier League et nous fait miroiter cette Angleterre génitrice de songwriters pop à la sensibilité mal cabossée. Ca doit être cela qu'ont vu ses milliers d'anglais et qui a hissé phallacieusement ce groupe de jouvenceaux sur les mêmes marches que les The Jam ou les The Clash, cette capacité à parler à l'Angleterre comme Ken Loach le fait avec ses films, et dépeindre par petites touches une histoire, une culture, une vision so british. Dommage que cela n'apparaissent que par intermittence pour les Arctic Monkeys. Cette culture de la pop que nos camarades d'outre-Manche embrassent sans trop de manière, et qui fait que lorsqu'en France nous avons Vitaa et Fatal Bazooka, les Britons eux ont les Arctic Monkeys ou Amy Winehouse.

 

Arctic Monkeys - Favourite Worst Nightmare (Domino, avril 2007)

 

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