
En vacances de ses The Dresden Dolls, la chanteuse Amanda Palmer a délaissé temporairement ses attributs gothiques et son appareil cabaret pour une carrière solo. Après un album passé inaperçu, Palmer revient avec un Amanda Palmer Goes Down Under qui s'apparente à un album live tout autant qu'à un spectacle de variétés, au meilleur sens du terme.
Le disque est saisissant de liberté et d'audace, à l'image de sa pochette d'un bel érotisme (mais à qui appartient ce ventre merveilleux ?). Palmer y parle longuement avec le public, blague, explique la genèse des chansons qu'elle propose. Elle partage l'affiche avec divers musiciens et cabotine comme un maître de cérémonie sans sa laisse. Par delà ces interludes qu'on pourra trouver aussi sympathiques qu'agaçants à la longue, les chansons sont remarquables et tout le talent de la compositrice lui permet de varier, sans qu'on s'en rende compte, les genres et les registres. Palmer paraît s'amuser comme une folle en proposant un hymne pour la Nouvelle-Zélande composé en 20 minutes ("New Zealand"). Elle affiche sa complicité avec son guitariste lors d'un sketch à deux voix sur "Bad Wine and Lemon" avant de retrouver toute sa gravité et sa capacité à émouvoir sur le splendide "On An Unknown Beach".
Ce qui frappe ici, c'est l'aisance scénique de Palmer, complètement libérée du dispositif des Dolls et qui s'impose de fait comme une amuseuse sans équivalent. Elle déclenche le rire et les larmes sur l'excellent "Australia" mélange de PJ Harvey domestique et de Groucho Marx, tout en ne cédant rien sur la musicalité de son piano magique. Palmer évoque la féminité, le sexe, sa vie quotidienne, ses ambitions de poète, le tout sur un ton badin et romantique.
Amanda Palmer Goes Down Under est l'une des excellentes surprises de ce début d'année, un album live vraiment précieux et qui ravira vos copains bobo comme les amateurs de pop les plus exigeants.
Amanda Palmer - Australia (live)
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