novö et Diabologum peuvent-ils sauver le rock français ?

10/10/2011 - 17h07
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A quelques semaines des Rockomotives de Vendôme qui verront le grand retour de Michel Cloup et Arnaud Michniak sous l'étiquette devenu légendaire de Diabologum et alors que le rock français ne fait guère plus parler de lui, on avait dit il y a peu comment on avait cesser de désespérer à l'écoute du nouvel album des Toulousains de novö, prévu lui aussi pour une sortie dans quelques jours.

 

Cela tombe bien, la première vidéo tirée de cet album, Sur Une Courbe Continue Sans Tangente, vient d'être révélee par le label Monopsone et le moins qu'on puisse dire c'est que le travail est propre et réussi. "Garçon Triste" n'est pas le meilleur morceau de l'album, ni même celui qui le rend mieux sa tonalité rock mais c'était sans conteste le single le plus évident d'un album délicat et exigeant. Très pop et en même temps un poil new wave aux entournures, le morceau rappelle de bons souvenirs à ceux qui écoutaient du rock français il y a encore de cela quelques années (dizaines d'années ?). On ne peut pas s'empêcher du reste, à l'écoute de ce morceau et du travail de ce jeune groupe, de faire la connexion avec les Diabologum qui, rangés des voitures en tant que tels mais omniprésents depuis 10 ans sous les étiquettes de Programme ou d'Experience, étaient eux aussi originaires de la ville rose. Toulouse, capitale française du rock indé ? On n'y avait pas pensé depuis que Dominique A avait installé Nantes sur la carte et que Noir Désir, depuis Bordeaux, avait écrasé la concurrence.

 

De Diabologum à novö, en passant par l'album de Michel Cloup sorti cette année, il semble qu'en cherchant on puisse donc trouver un rock français en partie sous influence anglo-saxonne mais ayant développé sa propre identité, faite de textes complexes et appliqués, engagés ou poétiques, mais globalement plus écrits que les 3/4 des productions internationales. L'autre caractéristique de ce rock blanc est que le rock français ne cède pas nécessairement à la dictature (souvent salutaire en pop anglaise) de la mélodie et de la structure couplets/refrains pour préférer des montées atmosphériques très post-rock ou inspirées par le versant Mogwai du rock alternatif. Guitares blanches, bruitisme étouffé dans l'oeuf, maniérisme des textes, violence larvée distillée en explosions de couveuse, la signature toulousaine est belle et chargée de frustration, de tristesse et de hargne. C'est sans doute là qu'il faut chercher le réconfort, dans une lutte déséquilibrée contre l'air (ou l'erre comme on vend) du temps digital et commercial.

 

Avec novö et Diabologum, c'est une autre résistance française qui s'organise un tantinet différente de l'âpreté jadis houblonnée de Miossec, une résistance qui s'inspire de la Nouvelle Vague, des musiques concrètes, tout en ne perdant pas de vue la "chanson", cette autre invention française. Si les Diabologum n'ont pour l'heure annoncé qu'une date unique, les Novö s'engagent à la sortie de leur album et en novembre dans une tournée française qui devrait leur permettre (s'ils sont bons - ce qu'on ne sait pas à l'heure actuelle) de franchir un cap. A suivre, comme toujours.

 

 

novö - Garçon triste

 

 

Michel Cloup - Le Cercle Parfait

 

 

 

Voir aussi- novö, événement rock français de la rentrée

 

Par Benjamin Berton
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