Ca, c'était des belles et magnifiques chansons de l'été, des amples ôdes à l'être aimé, des déclarations d'abnégations pour toute la vie. Que c'est beau et utopique. D'un autre temps. Naïf aussi. Sam Cooke chante en cet été 1960 "Wonderful World" (sa meilleure chanson) et cartonne dans les charts américains et anglais. Alors que l'homonyme "What A Wonderful World" de Louis Armstrong, plus connue, sortie en dix-sept ans plus tard faisait l'apologie du monde simple tel qu'on devait le voir, le "Wonderful World" de Cooke est une jolie chanson d'amour, chantée par le précurseur de la soul, influence première Smokey Robinson, Otis Redding ou Marvin Gaye.
Mais tout n'est beau que dans les chansons, et les histoires d'amour finissent mal en général. Malgré son talent énorme, certains ne pouvèrent s'empêcher de dénigrer Cooke et son rôle fondamental dans la soul music, lui reprochant ses velléités entrepreneuriales en créant son propre label dans les années 60. Arriviste pour l'époque. Puis en 1964, Cooke sera retrouvé criblé de trois balles dans le corps, achevé à coups de club de golf par le gérant d'un motel, accusé d'avoir tenté de violer sa compagne d'un soir dans le motel. On parle de complot, on parle de canonisation forcée du martyr black, mais on ne saura jamais l'histoire, la face cachée ou non de Sam Cooke. Mais peu importe quelque part, on aime juste cette superbe chanson. "Don't know much about history [...] / But I do know that I love you / And I know that if you love me too / What a wonderful world this would be". Utopique non ?