
White Lies - Ritual (petit film)
Avec la sortie, il y a quelques jours, de son deuxième album , le groupe d'Ealing connu désormais sous le nom de White Lies donne le ton d'une année qui pourrait bien s'avérer aussi new-wave que 2010 a été psyché ou shoegaze. Avec leur son venu tout droit des années 80, modifié à la sauce électro rock d'aujourd'hui, le trio londonien emmené par son excellent chanteur Harry Mc Veigh avait réussi en 2009 une percée et une entrée fulgurante dans les charts britanniques. L'album s'était bien vendu et avait imposé le groupe comme une des valeurs sûres de la New Wave de la New Wave. Le cru 2011, enfanté dans la douleur, ne fait pas mentir le bon pressentiment qu'on avait eu en les découvrant : White Lies durcit le ton tout en restant emballé dans cette belle mécanique sonore et nostalgique qui rappelle pêle-mêle Depeche Mode (évidemment) mais aussi en se forçant un peu Joy Division, ou plus près de nous, et moins ambitieux, un groupe comme Editors.
Produit par Alan Moulder, Ritual est aussi éclectique que son prédecesseur mais pas moins puissant. Le disque a d'ores-et-déjà divisé la critique anglo-saxonne qui le considère soit comme un chef d'oeuvre rétrofuturiste (en Angleterre et le NME en particulier), soit comme une affreuse bouse (Pitchfork et un retentissant 2,5/10). Le principal reproche qu'on fera au groupe très solide sur ses bases (guitares, basse, batterie, à l'ancienne) ne relève pas directement de ses influences mais plutôt de la légitimité qu'ont de jeunes groupes à "sonner" aujourd'hui comme les Echo And The Bunnymen ou les Talking Heads hier. Le débat se posera prochainement et à nouveau avec les Américains de Funeral Party, les références musicales invoquées par ces groupes étant presque trop transparentes pour être honnêtes. En attendant, et même si on en a un peu ras-le-bol des guitares qui sonnent comme des synthés (une vraie tendance du rock de ces 2 dernières années), il faut avouer que les White Lies ont presque tout pour plaire. Ce film promotionnel qui regroupe en 12 minutes 3 des 10 titres de cet album donne un aperçu de leurs qualités : concision, précision et romantisme crépusculaire. Le chant est parfois un peu outré mais évoque (pour les uns) la voix puissante et souveraine du jeune Nick Cave. Des morceaux comme "Bigger Than Us" ou "Come Down" témoignent du savoir-faire de ce groupe et de sa capacité à évoluer.
Sans en faire un événement de ce début d'année, on comptera les White Lies parmi les confirmations.
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