
Profitez en pendant qu'il est encore temps : ce type-là va faire parler de lui dans les prochains mois et vous pourrez dire que vous y avez goûté parmi les premiers (en Europe, le mal est fait aux Etats-Unis). Jake Smith, alias White Buffalo, est comme l'animal qui porte son nom une sorte de légende indienne, rare et magique, dont les apparitions ont jusqu'alors été fugaces et comptées. Avec la sortie de son premier album sous ce nom (qui ouvre des espaces) Once Upon A Time In The West, il était venu temps de révéler ce phénomène, sur lequel on avait un oeil depuis deux singles et plus de deux ans. Jake Smith est au choix un futur prodige de la country alternative, l'héritier de Neil Young et Johnny Cash (comme vous voulez), le gars qui va réveiller le rock américain par sa base blanche et redneck, ou un rénovateur majeur des musiques traditionnelles.
A l'écoute des morceaux de Once Upon A Time... , on se dit surtout que c'est un remarquable songwriter et un chanteur hors pair au grain de voix caractéristique de feu notre période western, quand on aimait qu'un chanteur chante mal et ait la voix qui graille comme un feu de camp à marshmallows. Smith est de cette race-là. Chanteur itinérant et forcené, l'homme est apparu sur la scène publique avec un album en 2002 (pas entendu) avant de se balader partout dans des salles rikiki, des bars à routiers et des saloons californiens. Il a été repéré par pas mal de monde et a réussi à placer nombre de ses chansons dans des séries TV comme Sons of Anarchy ou Californication, qui aiment plonger profond leurs racines dans l'americana. De fil en aiguille, et avec son EP Prepare for Black And Blue, le buffalo blanc a littéralement explosé, ce qui lui a permis de préparer sereinement son album avec les producteurs Bruce Witkin et Ryan Dorn (qu'on avait rencontrés déjà chez Babybird, tiens, tiens). Avant qu'on ne reparle sérieusement de l'album, on se contentera de dire que les 13 chansons du disque sont presque aussi bonnes que le titre "Ballad of A Dead Man" ci-dessus, un morceau beau à pleurer et qui accompagne avec bonheur une projection du Dead Man (facile) de [people_restrictif+Jim Jarmush]Jarmush[/people_restrictif]. White Buffalo se déplace en groupe (de 3 ou 4, bientôt 6) et commence à donner de l'ampleur à sa country. Il y a quelques titres électriques qui pointent le bout du nez et qui en font le pendant moderne et cousin américain, chasse, pêche, nature et traditions, du barde Julian Cope en Angleterre. Avec Once Upon A Time... et le Psychedelic Revolution de Cope, on tient les 2 albums vraiment rétrohistoriques de 2012 qui ne regardent pas dans le rétroviseur.
White Buffalo - Ballad of A Deadman
White Buffalo - Live Session
Par Benjamin Berton