Weezer, la revanche : Death to False Metal, compil au poil

03/11/2010 - 09h59
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Weezer, la revanche : Death to False Metal, compil au poil

 

A peine remis de leur album , les amis de Weezer, tant décriés ces temps-ci et à qui on a proposé (pour rire) beaucoup beaucoup d'argent pour arrêter de sévir (voir : 10 millions de dollars pour envoyer Weezer à la retraite), reviennent déjà dans l'actualité avec une compilation plutôt épatante, baptisée Death To False Metal.

 

Alors que Rivers Cuomo déclarait il y a peu qu'il ne se voyait pas quitter le groupe avant une bonne vingtaine d'années (et encore), trop passionné par ce qu'il fait et par l'énergie dégagée par le groupe, Death To False Metal se présente comme un voyage en seconde classe dans l'univers d'un groupe qui dure, agace et séduit à la fois. En piochant dans toutes les périodes du groupe, depuis les débuts, l'ère post- (la plus discrète du groupe) et la plus récente et controversée, la compilation offre le meilleur et le pire, sans ménager les transitions et les goûts des fans.

 

L'ensemble, étrangement pour un tel objet fait de faces B, de cover, de titres écartés des albums et d'inédits, renvoie une impression de cohérence qu'on aurait pas pensé trouver ici. Le ton de Weezer, première période, est présent sur des titres qui en faisaient à l'époque des héritiers possibles de Pavement (le bon "Turning Up The Radio") : très pop, brillant mais aussi heureusement déjanté. "Losing My Mind" évoque la facette très 70s du groupe avec des tendances psyché-pop qui évoquent le rock californien et une capacité à recycler les solos de guitares et les outrances au service d'un projet mélodique solide. Et puis, au fil du temps et des titres, apparaît de manière plus évidente, une sorte d'ironie ou de second degré qui contribue à brouiller les pistes : est-ce que le groupe se prend au sérieux ? Est-ce qu'on peut vraiment aimer cette musique qui tient du grand-guignol et d'une démonstration de facilité permanente ? Sur "Blowin' My Stack", on se surprend à trouver ça exceptionnellement bon, avant que la chanson ne se saccage elle-même pour aboutir en version idiote du récent "Where Is My Sex ?". Rebelote sur "Everyone" qui démarre remarquablement bien et se noie en route... volontairement. Weezer évoque de plus en plus le parcours du Denim de Lawrence, une sorte de machine de guerre rigolote dressée contre tout ce que son leader déteste mais qui à force de lutter, endosse le costume (les costumes) de l'ennemi jusqu'à en faire partie.

 

Malgré tout ça, et aussi grâce à cette reprise horrible (mais si bonne) du "Unbreak my Heart" de Toni Braxton, on écoutera et on chérira cette compilation de bric et de broc aussi sûrement qu'un des récents et très inégaux albums du groupe. Death To False Metal se pose ainsi en explication et en questionnement (sans cesse renouvelé) apporté à ceux qui ne cessent de s'interroger sur la qualité de ce groupe énigme : bon ou mauvais, toujours nul ou parfois exceptionnel ? A l'image d'un Katerine en France, les slips et les poils en moins (mais ils ont la moustache de Rivers), Weezer n'a pas fini de faire parler.

Weezer - Un-break My Heart (Toni Braxton cover)

Voir :- Weezer sont-ils des trolls ?- Weezer a perdu son sexe

 

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