
Déjà célébrés pour leur pochette idiote, les membres de Weezer livrent avec , le 14 septembre, un album qui, encore une fois, risque de diviser la critique.
L'album est encore plus curieux que le précédent, de plus en plus inspiré par le son qui caractérisait autrefois MTV, le gros son à l'américaine qui enthousiasme et qui tache à la fois. Rivers Cuomo passe son temps à hurler tandis qu'on enregistre des départs de guitares furieuses dans tous les coins comme des départs d'incendie. Au fil des titres, ce nouveau Weezer nous paraît tantôt carrément horripilant, voire horrible, tantôt totalement génial. Sans doute faudra-t-il quelques semaines pour s'habituer à ce mélange de potacheries vulgaires, de démonstrations tape à l'oeil de savoir-faire pop et de finesse qui rappelle les poilades de Lawrence, l'ex-Felt sous casaque Denim ou Go-Kart Mozart.
Avec "Where's my Sex ?", l'une des chansons de l'album, Weezer réussit, indépendamment de ce qu'on peut penser du reste, un nouveau gros coup. Le titre est exceptionnellement poilant, incroyablement enlevé et l'une des chansons les plus drôles jamais entendues dans le domaine du rock indé. Les textes, volontairement absurdes, évoquent les fameux dialogues entre Rocco et sa bite dans les Guignols de l'Info. C'est beau, c'est crade et affreusement...comique. Cette chanson, anecdotique, est assez symbolique du nouveau ton de Weezer qui, tels des Philippe Katerine rock, ont fait tomber toutes les barrières pour libérer leurs énergies show-biz. Et on y va en choeur, en attendant que Patrick Sébastien en fasse la bande originale de sa prochaine émission.
Where's my sex?I thought it was hereUnder the benchBut it isn't thereI've got no idea where it disappeared toI'm running late, I can't be lateI can't go out without my sexIt's cold outside and my toes get wetAnd people will think that I'm an alienJust cruising in to make a friend