
Unboxing Sounds of the UniverseEn ces temps difficiles pour l'industrie du disque, voici un petit divertissement susceptible de mettre du baume au coeur des patrons de maisons de disque. Ce nouveau loisir fait école sur le net où l'on peut regarder désormais des centaines de mini-films du genre : l'unboxing ou l'art de déballer ses CD achetés (hé, oui) au magasin. Le fan tient sa minicaméra d'une main, à moins qu'il ait un copain, et commente les sensations qu'il éprouve lorsqu'il retire son achat du cellophane et découvre les joies du commerce de proximité : CD bonus, badges, disques additionnels, coupons de fidélité, accès à des titres gratuits, etc.Tout y passe si bien qu'on se prend à rééprouver avec ces internautes le plaisir d'acheter des disques, à rééprouver le plaisir qu'on avait jadis à découvrir un album le jour de sa sortie, l'angoisse du fan qui a attendu le dernier U2, Animal Collective, Prince, Morrissey bien sagement dans sa chambre, est allé avec ses petits pieds jusqu'à son disquaire indie préféré, est rentré à toute berzingue avec son skate ou en RER dans sa chambre d'ado. Oh, disque, seras-tu aussi beau et bon que je t'ai rêvé pendant des mois et des mois ? Oh artiste, qu'as-tu préparé pour moi dans ta caverne studio ces deux dernières années ? Oh, business, mériteras-tu les 18 euros que j'ai savamment économisés pour me payer ce luxe ?Aujourd'hui, les vrais fans ont tendance à avoir épuisé les vraies nouveautés plusieurs semaines avant leur sortie. Elles flottent sur le net bien avant la sortie officielle, ce qui, il faut l'avouer, a modifié sensiblement et à jamais le plaisir de la découverte. Les titres streament, les titres bonussent, les titres teasent et il est bien rare qu'on soit vierge et tout blanc au moment de fourrer le machin dans le truc pour la première fois.Est-ce que c'était mieux avant ? Le plaisir est-il différent, amoindri ? Pourra-t-on renouer avec ces sensations ancestrales ? Il n'y a qu'une chose qui semble ne pas avoir changé : ces foutues enveloppes de CD qui s'arrachent toujours aussi difficilement, la languette du cellophane inatteignable et qui lâche à la première occasion, les ongles qui grattent désespérement les angles en espérant que Sésame s'ouvrira aussi facilement qu'une vache-qui rit et puis ces picots qui tombent, même neufs, un à un, de fabrication chinoise, et lâchent le CD dès qu'on ouvre la boîte. Picots de pacotille. Languettes scélérates. L'unboxing oui, mais le cellophane qui craint non !
Unboxing Years of Refusal