Too Many Birds : ma chanson de l'année 2009

26/12/2009 - 11h17
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Too Many Birds : ma chanson de l'année 2009
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Bill Callahan - Too Many Birds - Live

 

Bill Callahan - Too Many Birds - Album version 

Il faut sûrement être un peu idiot pour considérer que cette simple ballade est la chanson de l'année 2009. Comme on me prête de plus en plus souvent des "goûts de chiotte" autant ouvrir la cuvette entièrement et déballer ce qui fait de ces "Too Many Birds" de Bill Callahan une chanson impeccable.

 

 

 

Située en 5ème position sur son album , "Too Many Birds" est avant tout un monument de sobriété. Celui qui réussira à jouer la mélodie de la chanson telle qu'elle apparaît en studio avec une note de moins n'est pas encore né. Tout le travail de Bill Callahan ici est de débarrasser la chanson de tout ce qui pourrait la lester ou la rendre compliquée. Le travail est, du reste, si bien fait en studio que Callahan, en live, s'y prend un peu différemment et se sent obligé d'en rajouter un peu, ce qui n'apporte pas grand chose à l'original.

 

 

 

Si la chanson est à ce point parfaite, c'est évidemment pour cette situation bizarroïde (un oiseau cherche à se poser sur un arbre lui-même rempli d'oiseaux et ne peut y trouver de place) et la portée métaphorique qu'elle véhicule. Un arbre empli d'oiseaux ? Un solitaire qui ne trouve pas sa place dans le monde ? Vous voyez l'allusion. La surpopulation ? L'écologie ? Le refus d'intégrer un oiseau un brin différent ? Peut-être attardé ou en retard d'un battement d'ailes ? Pour achever son monde, Callahan crucifie tout le monde dans une phrase pyramidale extraordinaire où il ajoute un mot à chaque fois jusqu'à un claquement de doigt final. L'oiseau souffle, essaie, vole, souffre et transpire. Il n'aspire qu'à une chose : que tout s'arrête pour un instant, le battement de coeur, le battement d'ailes, le souffle, la musique. Le repos éternel. La mort. La récupération. Les dernières forces. On peut tout entendre et tout imaginer dans ce grand mouvement qui nous amène jusqu'au dévoilement de la phrase complète. Le dispositif est original, le suspense à son comble. Callahan nous amène où il veut par la conjonction des mots et de l'accord de guitare qui soutient la basilique. Lorsque l'oiseau se pose, tout s'arrête et nous avec. On pourra trouver des centaines de titres plus imaginatifs que celui-ci cette année, des titres plus dansants, plus novateurs, plus intelligents, plus pop. Mais il n'y en a pas de plus proches de l'essence humaine, pas qui touchent d'aussi près à l'expérience de la vie et de la mort. Enorme.

 

 

 

IfIf youIf you couldIf you could onlyIf you could only stopIf you could only stop yourIf you could only stop your heartIf you could only stop your heart beatIf you could only stop your heart beat forIf you could only stop your heart beat for one heartIf you could only stop your heart beat for one heart beat

 

 

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