The Wedding Present en concert Bizarro à Paris

20/11/2010 - 10h42
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The Wedding Present en concert Bizarro à Paris

 

Mieux qu'une nuit de repos, qu'un dîner entre amis ou qu'un shoot de caféine : rien de tel après une dure journée que de se ressourcer au son magique et speedé de The Wedding Present. Cela tombe bien, la bande de David Gedge était en visite ce mardi au Point Ephémère à Paris (et en tournée française avant et après ça) avec son Bizarro Tour en forme d'anniversaire.

 

 

 

 

 

La salle rikiki était pleine à craquer, bien garnie en trentenaires avancés et en bons sentiments. Avant le plat principal, les Ganglians, dont on attendait assez peu pour avoir parcouru leur dernier album, assurèrent un set plutôt solide mais manquant trop de cohérence et de densité pour enthousiasmer. Le groupe emmené par un chanteur aux allures de Jesus Freak, style Devendra Coco-Banhart, peinait à surprendre en alternant les titres néo-folk gratouillés à la guitare et de meilleurs moments plus noisy rock en Wavves mineurs. A revoir.

 

 

 

 

 

Pendant ce temps, Gedge, qui avait rangé les deux années supplémentaires depuis sa dernière visite dans sa chaussette magique, tenait la table de son marchandising, appuyant sa silhouette athlétique contre une pilasse en béton, en servant des sourires et des autographes aux nombreux fans venus lui acheter des disques, cartes postales, badges et tee-shirts. On comprenait ainsi mieux le modèle économique d'un groupe qui survit dans l'ombre des mini-salles depuis des années : fidélité, disponibilité et professionnalisme. On se faisait la réflexion, avant la première note, que l'esprit indie était descendu sur la ville. Ce qui devait se confirmer par la suite.

 

 

 

 

 

Avec son physique de croisement classieux entre Bruno Gaccio et... François Fillon, cheveux teints peut-être en corbeau court, Gedge prenait ensuite la scène avec un nouveau groupe (la bassiste, par exemple, ayant décliné la tournée pour rester à la maison), impeccable tout du long. Le concept de la soirée était posé : 7 ou 8 titres du répertoire, enchaînés par un second concept-album pour le groupe (après ) consacré au remarquable , sorti en 1991 et ayant permis à l'époque à Steve Albini et Gedge d'inventer la prod proto-grunge. Démarré par "Heather", merveilleux, le set introductif allait révéler son lot de surprises avec au moins 3 nouveaux titres (le bon "Dont' Go Crying To Me"  -; titre non annoncé-, l'excellent "Can You Keep a Secret ?" et le très marrant et caustique "You Jane"), ce qui porte au moins à 5 ou 6 le nombre de nouvelles chansons lancées à l'occasion de cette tournée, "Real Thing", un morceau de Cinerama ("Go Away") pour lequel on s'était battu en coulisses et le single revenant à l'énergie de la fin des années 80, "Come Back". Pas d'"Interstate 5", dommage, ni de revenants du des derniers temps. Joué mid-tempo pour le Wedding, la première partie contrastait gentiment pour son côté quasi-acoustique (on rigole) avec la seconde, démarrée sur un sample uninominal ("The Wedding Present") du parrain John Peel en surimpression. Gedge enfilait un nouveau poignet, nucléaire celui-là, pour aligner les 10 titres supersoniques de Bizarro. Aucune (mauvaise) surprise alors et seule limite portée par l'exercice, on s'amusait à compter les morceaux tous ou presque (j'ai une dent contre "Bewitched") nous séparant du final.

 

"Brassneck" envoyé en éclaireur électrise les fans, experts ou première dan, saisis comme des lapins dans les phares d'un bolide indé. On signale une version bucolique de "No", un "Thanks" à la parade grungy à 200 à l'heure et un magnifique "What Have I Said Now ?" en 7 ou 8 minutes. Gedge réclame des "followers" sur Twitter moyennant rémunération, présentant son groupe, tentant quelques saillies dans l'idiome local, joyeux et taquin comme à son habitude : pro jusqu'au bout des anglais et tellement plus rock n' roll dans l'exécution que n'importe quel déjanté du bulbe en poudre. L'avantage quand on fait ça depuis longtemps, c'est qu'on le fait aussi naturellement que si on allait se chauffer un café à la cuisine. "Kennedy" tendu, "Granadaland" impeccable et "Take Me" d'anthologie pour allonger le set spécial autour des 50 minutes, avant le parfait et éthique "Be Honest". Même si on continue de préférer Seamonsters (le prochain sur la liste ?), il faut avouer que Bizarro est un album sans faille. Que demande le peuple ? -; "Nous ne faisons jamais de rappel, comme vous le savez. Alors merci et bonne soirée. On se reverra peut-être" Tu parles. La guitare dans la sacoche en croco et hop, Gedge revient à la table de marque dédicacer, en sueur et à peine essoufflé, des Bizarro et des tee-shirts par wagonnets. Simple comme bonjour et zou, d'une beauté spirite à toute épreuve. Et l'esprit indé qui protège tout ce monde sous son aile électrique... Bientôt minuit et la vie normale. 

The Wedding Present - Kennedy - September 2010  Lire notre interview avec The Wedding Present

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