Surfer Blood joue son Tarot sur l'avenir

10/11/2011 - 15h36
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 On en avait fait des tonnes l'année dernière sur le remarquable premier album de Surfer Blood, le jeune groupe de West Palm Beach, emmené par son chanteur leader John Paul Pitts. reste avec le recul un jalon important d'un simili mouvement en cours qui relève d'un croisement étrange entre l'esprit shoegaze, la surf music des années 70, la pop aérienne des décennies d'avant et une forme étrange de modernité classique. Pêle-mêle, et pas uniquement pour le surf, on peut évidemment suivre la trace des Surfer Blood chez d'autres groupes vivants ou morts ces dernières années, chez les irlandais de The Thrills (récemment compilés en best-of), chez l'ami Nathan Williams et ses Wavves assagis et nettoyés du son, The Drums et autres groupes américains de Floride. En attendant la suite du Jabroni Sandwich (leur premier nom), Kanine Records sort, pour la bonne bouche (et la bonne oreille) un bel EP intitulé The Tarot Classics constitué de quelques nouveaux morceaux et de remixes un peu étranges.

A quelques mois ( ?) de la sortie de leur nouvel album, le groupe semble en transition ou au moins dans une période d'intense réflexion qui devrait les amener à délaisser un peu la spontanéité brillante d'Astro Coast pour quelque chose de plus posé, travaillé ou du moins de différent. C'est exactement l'effet laissé par cet excellent et intéressant EP qui peut s'entendre comme une tentative d'orientation d'un genre nouveau (entendre qu'elle ne mène dans aucune direction évidente). Le EP vaut ainsi pour deux excellents titres que sont "I'm Not Ready" tout à fait conformes à ce qu'on attendait du groupe. Le morceau a la pêche et rappelle évidemment Weezer (peut-être le grand-père pervers de tous ces jeunes groupes). Le second morceau est "Miranda", déjà plus mainstream mais toujours ensoleillé et lumineux. Le titre est efficace mais plus propret que ce qui nous faisait frémir chez le groupe il y a un an encore. "Drinking Problem" est une autre tentative d'aller voir de l'autre côté du son, en crachouillis électro, pas mal, mais qui demande à être revu. "Voyager reprise" fonctionne moins bien dans ses différentes versions, à la limite de la fausse route.

 

 

 

Si le deuxième album du groupe est bon, nul doute que ce EP prendra tout son sens. En l'état, il nous présente un Pitts à la croisée (déjà ?) des chemins, toujours souverain dans son écriture (les textes sont bons, bon sang), galopant vers le soleil rouge du matin mais sans doute en train de se demander ce qu'on attend vraiment de lui. C'est de la réponse qu'apportera (ou pas) le groupe à cette question existentielle : "Bah, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" qui nous permettra de lire son avenir dans le tarot. Ceux qui ont répondu en sont souvent morts. On ne se fait pas trop de souci pour Surfer Blood qui a plusieurs atouts dans sa pogne pour faire comme si de rien et brûler la réponse. En attendant, on déguste avec une paille, les doigts de pied en éventail et une chemise bûcheron en guise de crème solaire.

 

 

Surfer Blood - Miranda (live SXSW 2011)

 

 

Par Benjamin Berton
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