Cela faisait un bail que je me posais la question : qu'est-ce qu'il y a de pire que Billy Idol finalement ? Plein de trucs forcément. Idol ne faisait-il pas partie après tout de l'un des premiers groupes punk anglais (Chelsea devenu assez vite Generation X) ? N'avait-il pas failli perdre la vie dans un accident de la route alors qu'il menait une vraie vie rock, susceptible de faire passer Nick Cave pour Yves Duteil ? Un type qui partageait à la perfection son rictus labio-facial avec Sid Vicious pouvait-il être complètement mauvais ? Billy Idol est un punk propre, un homme à la voix limitée mais d'or, capable d'éructer et de crooner comme Sissi Sinatra la seconde d'après. En 1984, par exemple, le voici en pleine vague new wave qui nous roucoule ce splendide "Eyes Witjout A Face", clairement francophile sur lequel, en tendant l'oreille, vous pouvez entendre le bel hommage cinématographique aux Yeux sans Visage. "Eyes Witjout A Face", pour le meilleur et pour le pire, est une chanson qui ne s'oublie pas. Une chanson qui fait rire et pleurer et dont le clip brillant pour l'époque (appréciez les visages qui s'emmêlent, la lumière sur la lèvre limaçonne de l'Idol) fut réalisé par le célébrissime David Mallet, réalisateur pour Queen et Bowie. Ce qui cloche ici et ce pourquoi on a du mal avec un tel génie, c'est parce qu'Idol a un super copain et que ce super copain est un shredder de première, qui dans le clip, il saute avec sa guitare dans le champ et vient saboter la ballade. Steve Stevens a été présenté à Idol par son manager de l'époque et allait changer sa vie, substituant au son punk de ses débuts un son dominé par une guitare qui sait jouer et un peu trop bien pour ce qu'on a d'oreilles. Steve Stevens est un New-Yorkais prolixe qui réussit à graver quelques disques solos et collabora avec les plus "grands" : Joni Mitchell, Ric Ocazek, Faudel ou Robert Palmer, ce genre de mecs qui se laissent pousser les cheveux au delà du raisonnable et qui jouent de la guitare plus vite que leur ombre. Lorsque Billy Idol rencontra Steve Stevens, ce fut comme un vrai coup de foudre personnel. Ils entrèrent du même pied dans l'histoire du rock, alignant succès sur succès et accédant à une renommée qui dépassait de loin l'addition de leurs deux talents. La divinidylle se poursuivit au moins jusqu'en 2005 et la sortie de l'affreux mais attachant , presque entièrement composé par Idol. Comme Stevens n'a pas encore 50 ans, on se demande ce que le futur va nous réserver. Il y a sans doute beaucoup de tapping et de sweeping en réserve pour cet artiste là, et de quoi se coller une balle dans la tête. A bon enshredder salut... http://www.shredaholic.com/