
Smith Westerns - Weekend
Vous cherchez la 1ère révélation de l'année 2011 ? Encore l'une de ces hypes montées à la va-vite et dont on ne vous reparlera pas dans les 11 mois qui viennent. Pas notre genre et puis le groupe dont il est question n'en est pas à son coup d'essai, puisqu'il s'agit déjà d'un deuxième album malgré le jeune âge des protagonistes.
Alors retenez ce nom là qui va être évoqué prochainement un peu partout : les Smith Westerns sont dans la place et ont sorti un album magnifique il y a 3 ou 4 jours. Ca s'appelle . Le groupe vient de Chicago et est constitué de 4 personnes en formation classique. Le chanteur Cullen Omori a une voix un peu douce qui rappelle, dans sa façon de moduler, quelques chanteurs pop connus : on peut y entendre, avec un peu d'imagination, un poil de Lennon, un brin de Marc Bolan, ainsi qu'une larme de Brett Anderson pour la capacité à grimper dans l'emphase. Ce qui attire ici, pour ceux qui ont écouté le premier album du groupe, c'est que les Smith Westerns ont procédé, un peu à la manière de Wavves l'année dernière, à une sacrée épuration de leur son. Jusqu'ici occultées par une production lo-fi (option pourrie), les mélodies de Dye It Blond apparaissent dans toute leur splendeur classique et font qu'on comprend un peu mieux qu'hier pourquoi les Smith Westerns ont cette pointe de The Smiths en eux.
La grande affaire de cet album est de réussir à mêler des mélodies soignées et aériennes et des intentions qui sont beaucoup moins pures. Sur le malicieux "All Die Young", on n'a finalement pas ce à quoi on s'attendait. Le guitariste a une capacité à détraquer les morceaux qui est tout bonnement stupéfiante à l'image de ce qu'il réalise sur "Imagine Pt 3" et "Fallen In Love". Côté textes, on retrouve chez Smith Westerns ce même j'menfoutisme que chez Nathan Williams : une capacité à passer du romantisme à la branlette de noisettes, de l'angélisme psychédélique au cynisme et à la dérision, qui sont remarquables et évoquent (c'est la filière brit pop qui de l'avis du groupe les a inspirés) l'ancien "wit" de Jarvis Cocker. En clair, dans une lignée musicale qui oscille entre pop et rock, l'investissement Smith Westerns est l'une des valeurs sûres de ce début d'année (et de décennie), l'un des groupes sur lequel on parierait le plus dans les prochaines années, à égalité désormais avec le prodige Sufjan Stevens. Miam, miam.
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