Ouf, on commençait à avoir sacrément peur pour eux après l'affreux Freakshow du mois dernier. Robert Smith et les The Cure se refont une petite santé avec le troisième single tiré de leur futur album , qui sortira le... 13 septembre (on s'amuse comme on peut) et comportera... 13 titres : le très classique "Sleep When I'm Dead". Encore une fois, le titre semble influencé par la période , soit un mélange baroquisant de sombre et de festif, soit un morceau que d'aucuns trouveront manquant de "focus" mais qui a son petit charme. Le texte de Robert Smith n'est pas mal troussé autour de ses mots clés habituels : "sleep", "dead", "dream", en trio magique. En l'absence d'un générateur automatique de paroles de Cure, le gros Bob reste le meilleur artisan en la matière, parvenant à exprimer avec un vocabulaire qui tourne en boucle depuis près de 30 ans maintenant, une gamme d'émotions étonnamment riche. La thématique elle-même nous ramène au fil des chansons dites "de l'épuisement", amorcées avec "Open", sur , et "Bare", le meilleur titre de , et bien d'autres. Robert Smith, cela fait maintenant dix ans qu'il le chante, est un homme fatigué, épuisé mais qui vit encore (et chante encore) pour dieu sait quelle raison. On ne peut pas en dire autant de son groupe qui joue vraiment très mal depuis quelques titres, même si on a désormais une petite idée de ce qui fait aller Porl Thompson : le transformisme bien sûr. Le refrain donc se tient bien : "Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead, I said Sleep when I'm dead, you angels I'll sleep when I'm dead Well until then... I may as well be tired, I think Before I lay me down to dream", mais les Cure ne savent décidément plus trop quoi faire de leurs guitares. Le morceau a de faux airs de "Just Like Heaven" qui aurait un verre (ou une pédale) de wah-wah dans le nez. Il est freiné par une abondance d'effets assez mal placés, qui défigurent aussi l'intéressante face B groovy-Wild Mood Swings-kermesse baptisée "Down Under". Ce qui frappe chez les Cure 2008, c'est une lourdeur incroyable et désagréable des mélodies, un manque de maîtrise des couches de guitares, des hésitations coupables entre les genres, un côté pataud et maladroit qui condamne et sanctionne presque immédiatement toutes leurs tentatives de sonner à nouveau pop et, sans doute, leurs espoirs de décrocher un nouveau hit planétaire. Après 3 singles, le ton de 13 semble, contrairement à ce que Smith avait annoncé, plus pop que noisy, plus flashy que dark, et, on n'en doutait pas, plus mineur et médiocre que majeur et exaltant. Il faut avoir la fidélité bien accrochée ou mal placée pour s'infliger tant de souffrance. Suite au prochain épisode.