Histoire de se chauffer la voix avant les derniers derniers (c'est promis cette fois) concerts de The Pogues qui se tiendront cet hiver en Angleterre (on y sera), l'ami Shane MacGowan a tenu la scène pendant quelques jours à Dublin entouré d'un nouveau groupe qui pourrait, il se raconte, l'accompagner dans l'éventualité où il souhaiterait enregistrer de nouveaux morceaux. Plutôt en voix, assez svelte et propre sur lui, Shane MacGowan, que les commentateurs ont décrit "dans un état d'ébriété avancé", c'est-à-dire normal, a livré une série de prestations honorables, alignant des reprises et une sélection de ses plus beaux titres et Dieu sait qu'il y en a, à l'image de ce magnifique "Rainy Night in Soho" ou encore de ce mini-extrait incisif (52 secondes filmée au talkie walkie) de l'assez rare "White City", morceau crachotant et punk, qu'on enrage de n'avoir pas pu entendre dans de meilleures conditions.
13 ans après son dernier album, 8 ans après un live enregistré le soir de la Saint Patrick (magnifique), Shane MacGowan est-il encore capable de composer ? Il y a quelques années sa compagne courait les talk shows en annonçant qu'il était en train de remonter la pente. Il s'était alors payé une nouvelle paire de dents (voire Shane MacGowan a de nouvelles dents) et avait divisé par 10 sa consommation d'alcool. Son amie expliquait aux journalistes qu'il ne buvait pas tant que ça et que, même s'ils avaient du se séparer à quelques reprises, elle ne l'avait qu'assez rarement vu complètement ivre. "Shane est quelqu'un de très timide. Il n'ose pas refuser quand quelqu'un l'invite à prendre un verre. Et comme tout le monde rêve de boire un verre avec Shane MacGowan, à chaque fois qu'il sort, c'est devenu difficile." Elle expliquait que le chanteur vivait la plupart du temps reclus chez lui avec sa guitare, ne sortant qu'une ou deux fois par semaine pour prendre un verre et voir des amis, incapable de lire la presse ou de regarder la télé, pour ne pas voir son image, sa laideur, ce qu'il était devenu.
A 53 ans, icône punk rock ou monstre de foire, on se situe avec le poète anglo-irlandais sur la ligne blanche, même si ces dernières années, et avec les Pogues notamment qu'il retrouve chaque hiver, Shane a plutôt tenu son rang : capable de tenir debout, de ne pas (trop) massacrer ses textes et d'aller (la plupart du temps) au bout d'un set de 2h. Que demander de plus ?
Shane MacGowan - 17 septembre 2010 - Dublin
Shane MacGowan - White City - Dublin 2010